‹ Napoléon III, sa vie, ses œuvres et ses opinionsChapitre 4 sur 41 · X NAPOLEON III · texte numérisé non relu

X NAPOLEON III

Ham (1), ouvrage portant le nom de M. Briffault, mais rédigé sur les communications de Louis-Napoléon, — et tant d'autres volumes impérialistes?

Si, par hasard, pour combler un desideratum, i*a.ï puisé à d'autres endroits, mon devoir était d'en avertir et je n'y ai pas manqué, mais en général je m'appuie sur des écrits publiés par le prince lui-même, et d'habitude je me sers de ses propres paroles, d'après le conseil qu'il a donné luimême (2;.

Je ne suis pas, il est vrai, assez étranger aux choses du monde pour ignorer comment écrivent ou parlent la plupart des princes : leurs écrits et leurs discours ne sont pas exclusivement leur ouvrage. Ils ont volontiers des inspirateurs anonymes, des secrétaires et même cette sorte de scribes frottés de littérature que la bohème littéraire appelle, je crois, des teinturiers. Ceci même n'était qu'un mince détail presque indifférent à mon objet. l?écrivain public, recevant dans son échoppe les confidences d'une femme illettrée, mais remplie de passion, les traduit, il est vrai, en métaphores plus ou moins banales ; mais sous cette rhétorique hétéroclite court la vraie pensée de lacliente. De même, une lettre ostensible d'un prince n'est jamais si complètement

ten (M. de Sénégra?). Paris, 2 vol. in-8, 1833. — Mémoires sur la reine Hortense et la famille impériale, par W^^ Cochelet, lectrice de la reine. Paris, 4 vol. in-S, 1836-1838. — La Reine Hortense en Italie, en France et en Angleterre pendant Vannée 1831. Fragments de ses mémoires inédits, écrits par elle-même. Paris, 1861, in-12.

(i) Londres, 1846; et Paris, 1849, in-1-2. . (2) (( Quand on parle d'une époque du passé, on ne saurait prétendre être cru sur parole ; il ne suffit même pas d'indiquer la source où Ton a puisé ses renseignements ; il faut pour les choses importantes, donner le texte même. Souvent le lecteur peut interpréter d'une manière différente le passage sur lequel on fonde son raisonnement.

« Je n'ai pas voulu faire un roman, mais une histoire consciencieuse. » — {Du Passé et de VAvenir de rartillçrie,^. \2.)

INTRODUCTION. xi

ornée d'arabesques en placage, si embellie par une plume (le service, qu'on n'y aperçoive, avec un peu d'attention, rhomme qui a commandé cette écriture.

La moindre perspicacité, le moindre discernement suffit pour deviner ce qui est du prince ou d'un coopératcnr. Nous avons des lettres d'empereurs de Rome. Les bistoricns modernes qui les ont étudiées y démêlent presque à coup sûr celles qui émanent directement du César, d'avec celles où le prince n'intervient que pour la forme et nominalement.

Rien n'est, d'ailleurs, plus naturel que de voir beaucoup de choses signées par un prince qui s'est contenté d'en indiquer la pensée générale. Déjà le roi de Syrie Séleucus disait qu'on ne ramasserait pas une couronne, si l'on savait toutes les lettres qu'un prince doit dicter, toutes celles qu'il lui faut lire. Que devait-ce être pour un empereur romain? En devenant l'autocrate, il était devenu aussi une sorte d'orateur suprême, tenu d'écrire à tout propos. Ses heures n'y auraient pas suffi. De là l'obligation d'avoir des secrétaires, qui, pour le dire en passant, se trouvaient, par leur intimité forcée avec le César, des personnages bientôt importants et riches, même quand ils n'étaient pas les meilleurs écrivains du monde et mettaient dans leur rédaction bien des obscurités ou une emphase de mauvais goût. Il y en avait parfois de peu fidèles : Octave fit briser les deux jambes à son secrétaire Thallus, qui avait reçu 500 deniers pour livrer une lettre de son maître.

On ne doit pas rejeter une œuvre impériale, sous prétexte qu'elle offre dans sa teneur la marque d'une collaboration. L'esprit de l'inspirateur y est; c'est assez pour qu'elle serve de base aux raisonnements. Soit avant, soit depuis son avènement, Louis-Napoléon a mis son parafe au bas de centaines de documents qui, sous sa garantie, sont des pièces probantes et valables. Je les ai retenues, selon mon droit.

J'avais donc pour ressource opime une multitude de pages signées, authentiques. Il ne s'agissait plus que de les distri-

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