‹ NapoléonChapitre 15 sur 36 · TROIS PERSONNAGES · texte numérisé non relu

TROIS PERSONNAGES

PREMIER

Conquérant de l'Egypte , comme de l'Italie , Bonaparte, après son retour de l'Orient, est élu consul à vie, et fixe les premières bases de Tempire. Fatiguée des convulsions qui l'ont étranlée, la France le salue du nom de Libérateur.

DEUXIÈME

Héros du peuple , il voit toute l'étendue de sa situation ; il voit la couronne de France à terre , et il s'en saisit sans obstacle.

TROISliïME.

Son 18 brumaire commence la contre révolution : il disperse les Anciens, le Directoire, et reste maître absolu. Tous tes hommes parve^ius au pouvoir ont unpe^ichant vers le dcspotîsine , s ils ne sont pas atteiitivcment surveillés par le peuple. Ne vous fiez pas à eux. Abreuvé d'adulations , ivre de gloire , Bonaparte a soif encore d'autorité : l'abolition du Tribunat est résolue, et la France entière est obligée de se coucher dans le lit de Procruste.

PREMItR.

Presque toujours sur les champs de bataille, il voit !a scène s'agrandir; il proscrit tous les sdntimens libéraux, sous le nom d'id(jologie; il ëcarlc parla luse tous les obstacles dont il croit ne pouvoir Irîomplier par la force. En. même temps qu'iL donne ua code civil, il restaure la religion catholique romains; l'un et l'autre prescrivant l'obéissance.

DJiUXiîîM&.

Après avoir quitté le fauteuil consulaire , Napoléon dévoile tous ses projets. En bouleversant ou conquérant tout, il veut se faire suzerain de l'Europe et dictateur universel; mais une destinée inconcevable le conduit h ]\Ioscou, et comme Cambyso fuyant les sables volans de l'Egypte, Bonaparte recule devant les cruels frimas de la Russie.

TROISIÈME

Quel immense horizon s'offre à nos regards , et quel sujet de méditation que la destinée d'uu homme qui a laissé des souvenh's si profonds de sa domination !

PREMIER

Homme de nécessité, qui a gravé partout les traces gigantesques dé son passage; des routes affranchies, des pays conquis , des rois établis , vaincus ou détrônés. Fier de son génie, il ne veut relever que de lui-même; il se glorifie , après tant d'exploits, d'être sorti des rangs du peuple, et de s'être placé au milieu des souverains, qui, pour régner, ne se sont donné que la peine de naître ^\

DEUXIÈME

C'est h lui que sont dus les victoires d'Austerlitz , de léna, de AYngram ; les traités de Presbourg et Tilsit. Tout cela résulte de sa haute capacité, et de sa conviction que l'audace est quelquefois de la sagesse.

TROISIÈME

Après s*êlre fait le premkîr magistrat d'une fîère république, il a toulu être prince ! Et que reste-t-il de son trône impérial et royal, de toutes ses batailles, de ses victoires, de ses conquêtes? Que. reste-t-il de toutes ses actions?... Rien, que quelques débris, et ce célèbre concordat qui met le peuple français aux pieds d'un prince étranger qui le déteste.

TOUS, chantanu

Ce géant de îa gloire , « dans sa fortune allière , Se fit un jeu des sceptres et des lois j Et de ses pieds , on peut voir la poussière Empreinte encor sur le bandeau des rois^' ».

Page 1