‹ NapoléonChapitre 16 sur 36 · LE SOLDAT · texte numérisé non relu

LE SOLDAT

La lune commence à baisser; je n'ai pas entendu ['heure sonner; mais la patrouille du camp passe, et tout est tranquille.

J'ai tout parcouru pour m'assurer si les sentinelles ne dormaient pas à leur poste. [S' arrêtant au pied cCu7i arbre,) Après trente ans d'absence, le sort m'a ramené à Brienne, où j'ai commencé ma carrière militaire, et comme pour jrendre ce village célèbre , je remporte ici une bataille sanglante. Mais, j'ai perdu tant de braves.

tjue je serai obligé de me retirer sur Châlillon. Le bourg défendu par les Busses, le château par les Prussiens, ont vu le combat le plus acharné ; un hourra de Cosaques s'est jeté au milieu de nous; l'un d'eux allait me Irapper de sa lance, quand d'un coup de pistolet il fut abattu à mes pieds *^. Voilà l'endioit qui me rappelle les souvenirs de ma jeunesse. Je ne revois pas cette cloche sans qu'elle me fasse une vive impression; cette école dont les ruines m'attristent , et qui, pour le moment, me font oublier et la France et l'empire. C'est ici que j'ai éprouvé les premières éïno[\onsde\a<^\oirc. Asile heureux delà tranqulUitdypour' quoi esta si v oi sln du théâtre des horreurs de la guerre"^^? Près de cet arbre , au pied duquel je me souviens d'avoir lu, pendant nos récréations, la Jérusalem délivrée du Tasse; ici, à peu près à la môme place, est tombé le couraj^eux Lefèvre Desnouettes , chargeant à la tête de ma garde... Quelle vicissitude! Etre forcé, en de tels lieux , de combattre avec un Scythe , pour lui disputer à la fois ma puissance et la vie.

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