LA POLICE DE LA PRESSE FOUCHÉ-SAVARY
« Napoléon trouvait du profit dans ces lettres subordonnées qu^il avait mises à la caserne, qui lui présentaient les armes, qui sortaient lorsqu'on criait : hors la garde I qui marchaient en rang et qui manœuvraient comme des soldats. Toute indépendance semblait rébellion à son pouvoir ; il ne voulait pas plus d'émeutes de mots et d'idées qu'il ne souffrait d'insurrections. »
Ces éloquentes paroles, de Chateaubriand s'appliquent tout aussi bien à la presse qu'à la littérature de l'époque impériale. Elles définissent admirable* ment la situation faite aux journaux, placés sous la sujrveillance directe de la police, au même titre, et plus sévèrement encore, que les jeux et les prostituées de la rue.
Aux uns et aux autres, la tolérance était accordée avec mille précautions, au travers de tracasseries sans nombre. Mais les rigueurs les plus arbitraires étaient réservées à la presse.
Napoléon la surveillait lui-même, de haut, avec la plus minutieuse attention et il ne s'en remettait à
personne de ce soin. Cependant, comme il se gardait de tout contact personnel avec les gazetiers, objets de son mépris et de sa défiance, il délégua successi* vement à deux personnages les fonctions de gardeschiourme.
Ces despotes subalternes furent : d'abord Fouché^ jusqu'en 1810 ; plus tard, Savary : tous deux ministresde la police.