LE DUC , DE BUBNA
LE DUC
Monsieur le comte, Fenipereur m'a fait travailler avec lui jusqu'à deux heures du matin; il n'a e'të question que de vous» Sa Majesté pense que votre cabinet calcule un peu trop sur su ge'nërosité, et qu'elle doit enfin tirer parti de la victoire,
DE BUBNA
C^est une victoire fort douteuse , à mon avis , que celle où le nombre des morts et des blesses est égal de part et d'autre.
LE DUC
Fort douteuse pour vous, c'est possible; mais pour nous , elle ne l'est pas du tout: en sorte que nous agissons comme si la chose n'était pas en question, (^Ils s^ approchent Vun et Vautre d'une carte géographique, ) L'empereur exige donc que vous lui cédiez : i° Trieste.
DE BUBNA
Trieste !
LE DUC
Oui, monsieur le comte, Trieste avec le cercle de Villach.
DE EUBNA.
C'est impossible. Votre Excellence doit sentir que. . .
LE DUC
1° L'Istrie autrichienne.
DE BUBNA
Encore l'Istrie i
LE DUC
DE BUBNA
Arrêtons, monsieur le duc ; il est inutile de discuter davantage. Si j'accédais aux désirs de votre maître, PAutriche se trouverait entièrement découverte.
LE DUC
Découverte î pas du tout.
DE BUBNA
Nous abandonnerions toutes nos frontières défensives.
LE DUC 5 traçant une lign sur la carte. Cette démarcation est la plus simple. Elle est pour ainsi dir^
établie par la nature , puisque la rivîêre Je la Save fixerait avec toute la précision possible les frontières des deux peuples.
DE BIJBNA.
Jamais l'empereur, mon maître, ne pourrait acquiescer à de semblables conditions»
LE DUC
Elles sont la volonté de Napoléon.
DE BUBNA
La retraite du prince Charles ne doit pas être considérée comme un acte de découragement. Nous avons encore la cavalerie d'Essling 5 monsieur le duc.
LE DUC
L'empereur ne met pas en question les ressources de TAntriche.
DE BUBNA
Wagram vous a coûté bien du monde.
LE DUC
D'accord; mais est-ce donc pour rien que nous avons chassé devant nous l'Archiduc?
DE BUBNA
Il est des victoires que Ton achète quelquefois par l'épuisement d'une armée . et, dans cette circonstance, la véritable force peut bien être du côté qui a mieux aimé abandonner un lambeau de territoire, que de prodiguer le sang des soldats. Du reste, monsieur le duc, je dois vous le dire , l'Allemagne est fatiguée de l'occupation étrangère, notre débonnaireté , si connue , est enfin épuisée, et je crois qu'il est dans l'intérêt de votre maître de ne pas nous pousser à bout : le désespoir pourrait faire ce que le courage seul a vainement tenté.
UN CHAMBELLAN, e«/ra«^
L'empereur!
DE BUBNA
Déjà !