LA SENTINELLE
Si l'on dépasse cet endroit, toutes les sentinelles ont ordre de faire feu.
HUBERT , à part.
O! mon fusil, où es-tu?
Silence, Messieurs, respectons la consigne d'un soldat
Yoyez , je suis calme, et c'est moi qu'on outrage {A luimême.') Je ne m'étais pas trompé, on me suit, on m'espionne.
LE GRAND-MARÉCHAL
Sire, j'aperçois là- bas le gouverneur sir Hudson - Lov^e; il vient de ce côté : permettez - moi de lui exprimer toute l'indignation que m^inspire une aussi lâche injure?
Maréchal, parlez à cet homme, mais n'oubliez pas que c'est en mon nom. . . Quant à moi, mon parti est pris; s'il persiste
(59) dans cet odieux système d'espionnage, je m'enferme dans Long- Wood, et je me condamne, dès ce jour, à une entière réclusion.
LE GRAND MARÉCHAL
Mais, sire , c'est vous dévouer à une mort lente et inévitable
Je le sais. • . Me renfermer dans l'espace de quelques toises,
moi qui parcourais à cheval toute PEurope ! Mais je ne
veux pas m'exposer à rencontrer ce gouverneur , ou ses officiers • • . ( Indiquant du doigt le côte ou il est censé apercevoir Hudson Lowe.)y oyez , Messieurs , cette figure de chat-tigre.,, c'est un mélange de bassesse et de férocité. . . mais la bassesse domine. . . Cet homme est capable de tout. . . On m'a envoyé mieux qu'un geôlier. . .
( // fait un signe de la main , et sort vivement. — Sa suite Raccompagne. )
LE GRAND-MARÉCHAL
Mon ami, retirez - vous un instant; vous ne savez pas quelle inquisition ils exercent jusque sur nos serviteurs. Il y va , pour vous, s'ils vous aperçoivent, de la liberté, de la vie, peutêtre. . .
HUBERT , entrant dans le jardin.
Si je n'avais pas mon idée, demain ce gouverneur-là ne ferait plus de mal à personne.
SCÈi\E Ml.