‹ Napoléon, ou, Schoenbrunn et Ste.-HélèneChapitre 38 sur 57 · SCÈNE Vli · texte numérisé non relu

SCÈNE Vli

LE GRAND-MARÉCHAL, puis HUBERT.

tE GRAND-MARÉCHAL.

Le lâche ^ U est indigae de porter l'habit de soldat . . . O Na-

polëon î c'est donc pour être livré à de pareils monstres , que le sort t'a refuse un boulet à Waterloo. . . Et nul moyeu de le soustraire à ses bourreaux!

HUBERT 5 à la porte du jardin.

Je croîs que l'anglais est parti.

LE GRAND-MARÉCHAL

Ah! c'est VOUS j mon brave. . . Vous voulez donc partager nos infortunes ?

HUBERT

Mon empereur me Ta permis.

LE GRAND-MARÉCHAL

Hélas! je crains bien que cela soit impossible ; nous sommes comptés , nous sommes tous connus par ce gouverneur, . . Le moins qui pût vous arriver , ce serait d'être chassé impitoyablement.

Quand je devrais vivre au milieu des rochers , ou bivaquer la nuit, en plein air, il faut absolument que je reste dans l'île.

LE GRAND-MARÉCHAL

Pourquoi cela ?

HUBERT

C'est que, voyez-vous , mon maréchal, Jérôme Hubert n'est pas venu à Sainte-Hélène comme un conscrit^ et 11 espère bien que ce sera sa plus belle campagne.

LE GRAND-MARÉCHAL

Expliquez-vous?

HUBERT

Je n'irai pas par quatre chemins, et je m'en vas vous conter tout bonnement ce que je n'ai pas osé dire à Fempereur,,. « . . Vous savez qu'il est resté, en France, pas mal d'anciens soldats, des vieux grognards?

LE GRAND MARECHAL

Eh bien?

HUBERT

Eh bien , une centaine de ces nnoiens-lù s'est réunie à la sourdine. . . On a trouvé de l'argent , on a équipé un petit brick , sous le commandement du brave capitaine Arnoult. . , des marins de la garde. , , Si bien que, depuis quelques semaines, on cj'oisc devant Sainte-Hélène.

LE GRAND-MARÉCHAL , vlçcmcnt.

Et dans quelle intention j mon ami?

nUBERT.

î)ans rintentîon pure et simple de délivrer Pemperenr, ôu de recevoir pour lui notre dernier coup de fusil

LE GRA"ND-MARÉCHAL

Serait-il possible. . . tant de dévouement !

HUBERT

Nous nous sommes dit : Ils font mourir, là-bas , l'empereur h petit Teu.ll est malade, et à son mal, il n'y a qu'un seul remède, k grand air; en consëquencCjil faut nous arranger, pour lui faire prendre le large.

LE GRAND-MARÉCHAL

Mais pensez donc que Tile est gardée , sans cesse observée par une flotille nombreuse.

HUBERT

Nous savions tout ça, mon maréchal; mais ma foi, au petit bonheur. . . Le capitaine et moi , par un temps de brouillard, nous nous sommes jetés à terre, . • Lui est resté caché dans les rochers , moi je suis parvenu jusqu'à vous , et je crois que maintenant il ne s'agit phis que de s'entendre.

LE GRAND-MARÉCHAL

Brave Hubert! j'admire votre courage, votre audace; mais ce projet que vous avez conçu si hardiment, n'espérez pas que l'empereur y donne facilement son consentement.

HUBERT

Préparons tout, d'abord , et ensuite nous Tenlèverons, même malgré lui. • . Tenez, moi, par exemple, je me charge, s'il le faut, de l'emporter sur mes épaules; et quand nous l'aurons sauvé, je lui demanderai bien pardon de 1h liberté.

LE GRAND-MARÉCHAL, après avolr réfléchi*

Hubert, écoutez-moi- ..... Yotre projet est noble , digne de gens de cœur, et tous les Hdèles compagnons de Pempereur l'adopteront avec joie. . . Mais pas d'imprudence , laissez -moi faire.

HUBERT

Oui , mon maréchal.

LE GRAND-MARÉCHAL

Mais avant tout, il faudrait voir ce capitaine Arnoult, lui parler.

HUBERT

Je sais où il est caché. . . je puis aisément vous conduire auprès de lui.

LE GRAND-MARÉCHAL

Pas maintenanfivous avez vu comme nous sommes observés

; fin

]par les setilinellcs. . • le plus grand mystère. ;. Ce costume de matelot me fait entrevoir un moyen de vous faire ad|iietlre cliez l'empereur 5 sans éveiller les soupçons; et nous concerterons ensemble le moment de mon entrevue avec le capitaine.

HUBERT

J'entends du bruit. . . ( Regardant en dehors. ) C'est une patrouille anglaise.

LE GRAND-MARÉCHAL

Siiivez-rnoi. . . Si Ton vous voyait, tout serait perdu.

HUBERT , en sorlant.

Voilà ma campagne commencée.

( // s'éloignent tous deux par la gauche» ~ Au même instant , une patrouille anglaise descend de la colline , et traverse la scène, )

iF-fN DU PRRMIER TABLEAU»

Salon de travail de l'Empereur.

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