SCENE IV
FRÉDÉRICH, WALDER.
FRÉDÉRICH, la regardant a lier.
Oui. L'amour d'une si aimable fille vaut mieux que toutes les richesses de la terre , que la renommée la plus illustre , que toute la gloire possible, que toute la gloire de Napoléon. . .
WALDER.
En voilà d'une bonne, par ma foi! la gloire de Napoléon !..• elle est jolie, sa gloire! Un démon incarne' qui depuis dix ans s^amuse à culbuter nos pauvres Kœserlitz.
FRÉDÉRICH.
Monsieur Walder, je le hais 3 mais c'est un homme de génie. Du reste , laissez faire aux Amis de la Vertu.
WALDER.
Oh! je laisse le tungenbund faire tout ce qu'il voudra.. . Ah ça, messieurs les Burshenthafts, comme vous vous appelez, savez-vous que vous êtes de plaisans seigneurs.
FREDERICK
Parce que?.,.
WALDER.
Votre société prend le nom (VAmis de la Vertu ^ et toutes les fois que vous vous réunissez , je vois qu^il ne s'agit pas d'autre chose que de boire et chanter.
FREDERICK
Vous n'y voyez pas autre chose , Monsieur VValder ?
WALDER.
J'y vois encore que vous fumez prodigieusement; mais après cela. • .
ERÉDÉRICH , rt demi-çoix.
Mon excellent ami, si vous aviez vingt - cinq ans 5 si , au premier mot , vous étiez décidé à sacrifier votre vie pour la liberté, je vous expliquerais ce que c'est que le tungenbund, ce que veulent les Amis de la Vertu; mais comme les hommes de votre âge doivent laisser aux jeunes gens le soin de venger le pays ,
(8) comme vous avez mille raisons détenir à la vie> monsieur Walcîer, conlentez-voiis de dire à chacun que cette noble association n'a d'autre but que de fumer,. de chanter bien fort, et de vider beaucoup de flacons.