L'IMAN
Ah I le sultan Kébir est le roi de Tépée.
Quand elle est au désert à sa tâche occupée ,
Au champ du mûrier rouge il la conduit des yeux .
Mais Allah sait aussi vers la source tarie
Conduire en leurs chemins les lions de Syrie ,
Et pousser le Simoun en ses arides cieux.
Pour le combat des forts voici Vheure marquée! Priez, bons musulmans, dans la grande moisquée, Pour Taigle du Liban et pour les fils d^Ali. Priez dans Toasis, pour la tente odorante , Pour les lions du Nil à la croiipe fumante, Et surtout pour Nassouf-pacha de Tripoli.
— Gomment faut-il prier pour les beaux janissaires , Quand les belles houris ont fermé leurs paupières? Et pour les mamelouks sortis du Franguistan?
— Quand les houris ont clos leur paupière eu la nuc,^ Priez par le poignard , par la lance perdue , Par lataghan des beys, et par leur bleu turban !
LIMAN. fi3
— Gomment pour les spahis aux bruyantes timbales? Comment pour les agas que foulent leurs cavales? Pour le Roméliote au fusil enchanté?
Pour ceux que le Nil pousse aux tièdes mers d'Asie? Et pour ceux qu'il rejette en passant vers Sédie?
— Priez par le tranchant du salxre ensanglanté.
Maintenant, écoutez, Foreille contre terre!
Le grand désert bondit , ainsi qu'une panthère. Malheur au mécréant qui trop tôt l'éveilla I Pour toujours il remplit ses vides pyraniides' Des cent voix de l'épée , et d'échos homicides; Et l'écho du désert redit partout : Allah 1
— Du haut des minarets que voyez-vous encore? Le cri qu'on jette au Nil retentit au Bosphore. A cette heure que fait le grand Bounaberdi ?
— Il fait signe au combat comme on parle à l'esclave , Et les chevaux de Tyr à sa voix qui les brave , Effarés et tremblans , répondent : Effendi ' !
* Seigneur, maître.