‹ Napoléon: poèmeChapitre 7 sur 13 · XXXV · texte numérisé non relu

XXXV

Silence 1 tout se tait! dormez-vous, sentinelle? Le hibou gémissant a déployé son aile I La nuit est froide et longue, au pays où le Rhin S'endort , comme un guerrier , sous sa tente de crin.

Veillez-vous , «entinelle? Au fond de la bruyère Souvent la nuit trop noire enveloppe un mystère , Dans le pays où croit le sapin sur les monts , Où TElbe aux longs replis rampe dans les vallons^

Souvent là , dans les bois , le feuillage murmuré , Et le Danube luit comme luit une armure.

Souvent l'ombre gémit sous Forme d'Austerlitz Où les morts , sans linceul , dorment ensevelis.

« Veillez-vous? — Oui, jeveille. Holà! qui vive? — France. De la tour de Leipsick , quand la nuit fait silence , Souvent on voit passer^ sur d'invisibles monts , IjCs nuages d'hiver , comme des escadrons.

Entendez-vous? — ^J'enfends. — Un cri? — Non! c'est un rêve. — Écoutez-vous?— J'écoute. — Ah! c'est le chant d'un glaive. —Non , ce n'est pas le chantd'un glaiveen son fourreau . Non , non , c'est le vautour qui niche en un tombeau :

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