CHANT SIXIEME
Napoléon Empereur.— 'La Caverne de Grodno.
Dans un pays couvert de frimas et de neiges, Par-tout environné de dangers et de pièges, Napoléon s'avance, ayant pour seul appui Quelques amis tout prêts à s'immoler pour lui. Le manteau blanchissant qui couvre au loin la plaine, Leur cache les écueils d'une route incertaine. Après avoir franchi de perfides marais.
Ils ont vu de Grodno s'élever les forêts ; Ils entrent, vers le soir, dans cette solitude, Haletants, accablés de froid, de lassitude. Au-dessus du désert brillent des monts altiers, Qui perdent dans les cieux leurs énormes glaciers. Pour éviter des vents la «.déchirante haleine. Et chercher un abri dans cette vaste chaîne, On approche, on observe, on suit de longs détours. On était dans ce temps où le flambeau des jours,
110 NAPOLEON. [ia Caverne
Du brûlant Capricorne atteignant la barrière, Projette vers le Nord une courte lumière, Et bientôt la nuit vint, dans toute son horreur, Couvrir de ces forêts la sombre profondeur. Tout, même l'Aquilon, rentre dans le silence ; A peine du sapin la feuille se balance ; Dans ces monts caverneux seulement nos guerriers Entendaient retentir les pas de leurs coursiers.
Dans le flanc des rochers on trouve une ouverture : On écoute, on entend une onde qui murmure. Déjà nos voyageurs sont prêts à s'élancer, Sans craindre le péril qui peut les menacer, Sans songer que cet antre est peut-être un abîme, Où cache quelque embûche, ou recèle le crime ; La voix même d'un chef qu'ils portent dans leur
cœur, Peut à peine un instant contenir leur ardeur : Pour la troisième fois, de ses longues ténèbres La nuit revient couvrir ces régions funèbres, Le soleil a trois fois repris son triste cours. Depuis que, dépourvus d'asile et de secours, En proie aux Aquilons, battus par la tempête. Ils errent, sans savoir où reposer leur tête ; Ils espèrent, enfin, trouver, dans ce réduit, Après tant de travaux, une paisible nuit,
de Grodno.'] CHANT VI. lH
Et si quelque péril est caché sous la terre, Ils sauront s'en défendre et purger le repaire.
Pour éclairer leur marche, ils dépouillent les pins : Vingt faisceaux enflammés pétillent dans leurs mains j On entre armé du glaive, et la lame brillante Répète des flambeaux la clarté vacillante. D'un étroit souterrain, parsemé de débris. Nos guerriers ont, d'abord, parcouru les replis ; Ils parviennent, enfin, sous une voûte immense : Là, le pied suspendu, s'avançant en silence. Guidés par les fanaux qui brillent devant eux. Ils promènent par-tout leurs regards soupçonneux. Tout annonce la paix, le seul bruit qui les frappe, Est celui d'un torrent, qui, jaillissant en jiappe, Après s'être vingt fois brisé sur son chemin, Vient tomber écumant dans un vaste bassin. D'où s'échappant ensuite on le voit qui serpente, Et perd dans le rocher son onde bouillonnante.
A la clarté des feux qu'ils viennent d'allumer, La voûte, les parois, tout semble s'enflammer ; Tout leur oflre un éclat, \me magnificence. Qui des faibles mortels surpassent la puissance. Est-ce un art infernal qui créa ces beautés ? Est-ce un Dieu qui réside en ces lieux enchantés ? N'est-ce qu'un souterrain dont la noble structure
112 NAPOLEON. [Zc Caverrle
Atteste simplement ce que peut la nature ? Là montent dans les airs des pilastres hardis, Des massifs de cristal, de longs blocs arrondis. Les merveilles de l'art, ces marbres qu'on admire, Ces bronzes animés, cet airain qui respire. Cette haute colonne aux contours si moelleux, Ces cordons délicats, ces chapiteaux fameux, Ces dômes découpés en élégants feuillages. Ou du règne animal retraçant les images. Enfin tout ce que l'homme a produit de plus beau, Rien n'égale l'aspect de ce vaste tableau. Une secrète main, dans le sein de la terre, S'est plue à combiner les jeux de la lumière. Les sommets de la voûte, ornés de diamants, De rubis enflammés et de cristaux pendants. Etonnent par leur forme et leurs teintes changeantes ; Vous y voyez errer des figures mouvantes, Et l'homme, en contemplant ces merveilleux travaux. Croit se voirtransporté dans des mondes nouveaux. Tandis que nos guerriers, parcourant ces retraites, En sondaient les détours et les routes secrètes. Ils virent devant eux les ombres s'épaissir. Un abîme à leurs pieds soudain parut s'ouvrir. Ici, la main de l'homme est par-tout imprimée : On trouve, à la lueur d'une torche enflammée.
de GrodnoP^ CHANT VI. -US
Des degrés dans le roc taillés par le ciseau ; On s'y jette, on arrive au fond d'un noir caveau. Mais quel sinistre objet vient s'offrir à leur vue? C'est d'un Dieu monstrueux l'effroyable statue, L'idole d'irmensul, sur un long piédestal, Elevant dans les airs son buste colossal. Son front est surmonté de cornes tortueuses ; Ses traits sont convulsifs et ses formes hideuses. Tout retrace l'époque où des prêtres cruels Du sang de l'innocence ont rougi les autels : Des victimes sans nombre, en ce temple égorgées. Les cendres sur les murs dans des urnes rangées, Et formant un cordon qui règne tout autour, Attestent les forfaits de cet affreux séjour j L'autel qui fut témoin de tant de sacrifices, De ces meurtres pieux porte encor les indices : Des haches, des poignards et des glaives rouilles, Où l'on croit voir le sang dont ils furent souillés.
L'Empereur, sans vouloir examiner le reste. S'éloigne avec les siens de ce caveau funeste, Et frémit en songeant à quel excès d'horreur Se portent les mortels aveuglés par l'erreur.
Nos guerriers, remontés dans la première enceinte. Certains qu'il n'est pour eux aucun sujet de crainte, Près d'un feu pétillant vont chercher le repos, P
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Et bientôt le sommeil leur verse ses pavots. A peine l'Empereur a fermé la paupière, Que, hors des régions du monde sublunaire, Il a vu dans l'espace un temple radieux : Un volcan roule autour ses laves et ses feux ; De murailles de fer l'enceinte est entourée. Et cent portes de bronze en défendent l'entrée. Mais levant la barrière, une invisible main Semble exprès au héros en ouvrir le chemin. Il entre, et, sous les arcs d'une voûte sonore. Il voit se balancer un brillant météore : Un Dieu majestueux, sur un trône d'azur, Apparaît, reposant dans les flots d'un or pur. Son front, environné de flammes immortelles, Répand autour de lui des gerbes d'étincelles : Il consumerait tout, sans la molle vapeur Qui de ces feux brûlants vient tempérer l'ardeur. Tout annQnc& sa gloire et son titre suprême : Maître de l'univers et de l'Olympe même. Pour sceptre en sa main droite il porte un diamant. Où viennent se briser les feux du firmament ; Dans l'autre il tient une urne, où le hasard entasse Et balotte, à son gré, les sorts de notre race : Les Parques et le Temps et la Nécessité, Ministres sans pitié, siègent à son côté.
4e Grod7io.'] CHANT VI, HQ
Sur un autel de fer un grand livre repose. Où notre destinée, avant que d'être éclose, La somme de nos biens, de nos maux, de nos jours^ Sous le burin du Dieu se grave pour toujours. Un globe sous ses pieds roule plein de vitesse, Petit amas d'argile, où s'agite sans cesse, Bercé par la folie et fier de sa raison, L'homme mobile, hélas ! comme son horizon.
C'est toi, dit au héros le Dieu d'un ton sévère, C'est toi qui, le premier des enfants de la terre, Pénètres dans ce temple interdit aux mortels, Ce temple, le dépôt des décrets éternels. Peut-être je devais châtier ton audace ; Mais au pied de mon trône elle a su trouver grâce, Et, sans vouloir t'ouvrir ces abîmes secrets Que d'une épaisse nuit le ciel couvrit exprès, Je vais du moins t'ofFrir des lueurs salutaires. Garde-toi d'imiter ces hommes téméraires Qui, foulant à leurs pieds les leçons du passé. Portent sur l'avenir un regard insensé.
Contemple les tableaux tracés sur ces murailles ; Contemple ces guerriers, ces exploits, ces batailles, Ces champs couverts de morts et ces toits embrasés j Ces royaumes conquis, et ces trônes brisés ; Ces grandes nations dormant dans la poussière ;
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Ces autres, à leur tour, parcourant la carrière j Ces peuples, de l'orgueil déplorables jouets ; Ces princes trafiquant du sang de leurs sujets ; Ces tissus de la fraude et de la perfidie ; Ces sceptres obtenus au prix de l'infamie ; Tant de faits embellis par un pinceau flatteur, Et qui ne sont souvent que bassesse ou fureur. Tu sauras te juger dans ce miroir fidèle. Où tout s'offre à tes yeux sous sa forme réelle. Je sais que tu chéris les sciences, les arts, Que l'histoire a toujours attaché tes regards ; Mais je veux des grands traits et des grands personnages Te retracer ici les vivantes images.
Miltiade pour toi va sortir du tombeau : Le vois-tu s'élancer du penchant d'un coteau ? Avec quelques guerriers, il détruit ou disperse Cent mille combattants, l'élite de la Perse. Du tableau de sa gloire observe le revers : Regarde Miltiade expirant dans les fers !..
Il est du moins pour l'homme une éternelle vie^ Une gloire sans tache, à couvert de l'envie. Vois, au pied de ces monts, le roi Léonidas, Entouré des héros dont il guide les pas. Vois briller sur leur front l'immortelle guirlande :
de Grodno?^ CHANT VI. II7
Que leur trépas est beau ! que la cause en est grande ! Ils avaient arrêté cet. amas effrayant, Ces essaims de guerriers vomis par l'Orient ; Mais un traître à Xercès ouvre les Thermopyies : N'ayant plus qu'à mourir, résignés et tranquilles, Les soldats près du chef sont venus se grouper 1 Ils s'apprêtent gaîment, par un frugal souper, A descendre bientôt dans la sombre demeure ; Mais avant que Cloton file leur dernière heure, Que de Perses plongés dans la nuit du tombeau ! Vois-tu devant les Grecs fuir ce lâche troupeau ? Les braves sont vainqueurs, tout cède à l'épouvante ; Ils vont droit à Xercès, qui s'enfuit de sa tente. Renversent à leurs pieds les barbares surpris. Et marchent entourés de morts et de débris.... Mais l'ombre disparaît.... O perfide lumière ! Accablés par le nombre, ils mordent la poussière ! Guerriers, l'honneur de Sparte et de l'humanité, Vous dormez dans lé sein de l'immortalité ! Vos fronts tournés au ciel appellent la vengeance, Et le sort de Xercès y semble écrit d'avance.
Mon fils, peut-être un jour, dans ton propre pays... Mais regarde avec moi ces éloquents lambris.
Le superbe Xercès menace Salamine \ Tout n'est autour de lui que mort et que ruinfe.
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Il frémit à l'aspect de ces châteaux flottants Qui d'Athènes détruite ont reçu les enfants. Sur ces infortunés veille un hardi génie, Qui sut prévoir de loin les maux de sa patrie, C'est en vain que Xercès, sous ses mille vaisseaux, Du golfe consterné faisant gémir les flots, Croit dévorer des Grecs la dernière espérance ; En vain il a contre eux lancé sa flotte immense : Le sage Thémistocle a fermé les détroits ; Par-tout égal, son front par-tout frappe à la fois ; Il renverse le chef de la flotte royale ; Le trouble, la terreur, la discorde fatale. Courent de rang en rang, volent de bord en bord : Cet amas de vaisseaux, théâtre de la mort. Se confond et s'abîme, ou fuit au loin sur l'onde ; Ce roi qui croyait vaincre et la Grèce et le Monde, S'élançant de son trône, éperdu de frayeur. Court dans Suze cacher sa honte et sa douleur.
Mais si Lacédémone, Athènes et la Grèce, Dans les premiers transports de la publique ivresse ; Pour leur Dieu tutélaire inventent des honneurs, Sur ce front couronné de lauriers et de fleurs. Vois quelle ombre, mon fils, vient déjà se répandre î Athènes, qui par lui renaissait de sa cendre. De la reconnaissance a secoué le frein....
de QTQdno.'\ CHANT VI. 119
Le voilà chez le fils du Monarque hautain Dont il avait naguère abaissé la puissance : Artaxercès du moins fait taire la vengeance, Et, dans son ennemi respectant la vertu, S'honore, en honorant un héros abattu....
Mardonius poursuit les desseins de son maître : A la cour de ce Prince il ne veut reparaître Qu'après avoir vengé, par un entier succès, L'honneur de sa patrie et celui de Xercès. Il n'a plus maintenant cette foule confuse Que traînait après lui le Monarque de Suze : Des plus vaillants guerriers le Satrape a fait choix. Il marche, enflé d'orgueil, et croit voir, cette fois. Se courber sous le joug la Grèce épouvantée.... Pausanias paraît vers les murs de Platée, Et la terre dévore, aux bords de l'Asopus, Cette élite persanne, avec Mardonius.
Pausanias, quel nom ! quelle gloire imposante ! Comment portera-t-il cette charge pesante ! Quel mortel l'égalait, si, dans un jour si beau, Le champ de la victoire eût été son tombeau, Ou si, foulant aux pieds l'orgueil du diadème. Le vainqueur de Xercès se fût vaincu lui-même ! Toi, d'un pouvoir immense aujourd'hui revêtu, Sois plus sage que lui, veille sur ta vertu :
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Les peuples ont bientôt oublié les services ; Sparte à Pausanias apprête des supplices : Il a fui dans un temple, il y meurt enfermé. Il s'éteint lentement, par la faim consumé.
Mais, vous, peuples si fiers sur un appui d'argile, Le temps mine à son tour votre grandeur fragile. Il semble que la Grèce, après une mâle effort, Ne puisse plus suffire à l'éclat de son sort ; On la voit s'affaisser sous le poids de sa gloire ; En vain les lois, les arts, et même la victoire. Jettent sur elle encor quelques nobles lueurs : Ce corps tombe accablé de mortelles langueurs. Ainsi, sur son déclin, un astre, pâle et sombre, S'effece par degrés et se plonge dans l'ombre.
Faut-il chercher ailleurs des exemples frappants ? Rome va t'en offrir dès ses premiers moments. Verras-tu, sans effroi, les marais de Caprée ? Romulus, qu'admirait une foule enivrée, Y tombe sous les coups d'un sénat factieux. Et le peuple abusé le croit au rang des Dieux. Regarde Manlius, sauveur du Capitole :
De ses concitoyens hier c'était l'idole ; Aujourd'hui condamné par ses concitoyens. Il roule du sommet des rochers Tarpéiens. Regarde Scipion, grand guerrier, plus grand homme :
de Grodno.'] CHANT VI. 121
De quinze ans de terreur il a délivré Rome ; Son bras a terrassé le superbe Annibal, Et traîné par la haine au pied d'un tribunal, Près de voir son honneur et sa gloire flétrie, Il n'échappe au péril qu'à force de génie. Regarde ce guerrier, le fléau des Romains, Qui, s'élançant sur eux du haut des monts Alpins, Promena dans leurs champs les torches de la guerre, Et jusque sous leurs murs vint planter sa bannière ; Maintenant poursuivi par Rome et par le sort. Trahi par Prusias, il se donne la mort. Regarde Marius, ou dans ce marécage, Ou là, sur les débris de la grande Carthage. Regarde ce Romain, si grand dans son trépas : C'est Pompée expirant sous les coups d'Achillas. Regarde enfin César, triomphateur des Gaules, Ce César dont le nom retentit aux deux pôles. Le plus grand des guerriers, le plus grand dcS Romains, Qui semblait balancer le monde dans ses mains ; Il a vaincu l'Europe et l'Afrique et l'Asie, Et son ambition est loin d'être assouvie : Il faut qu'il règne encor, qu'il règne sans rival !.., Mais le voilà tombé sous le glaive fatal ! Devant ce demi-Dieu tout fléchissait naguère j
I2â NAPOLEON. [La Caverne
Dis-moi, qu'est-ce à présent ? Rien.... qu'un peu de poussière.
Mais de Rome elle-même observe les destins, Pour mieux apprécier le néant des humains.
Ce peuple, amas impur de hordes inconnues, Mais bientôt dirigé par de profondes vues, Presque dès son berceau, plein de nerf, de fierté. Eut l'enfance d'Hercule et sa virilité.
Déjà grand sous ses rois, plus grand par un système Qui semble élever l'homme au-dessus de lui-même, Il touche à ce degré de gloire et de splendeur, D'un funeste déclin fréquent avant-coureur. Ce colosse effrayant dont la terre est couverte. En soi porte déjà les germes de sa perte : /
Le vice a remplacé ses antiques vertus. Il va venger Carthage et l'univers vaincus. Marius et Sylla, dans leur fureur impie. En un champ de carnage ont changé l'Italie. Catilina, suivi d'un ramas de brigands.
Lève contre l'Etat ses étendards sanglants : La voix de Tullius a foudroyé le crime ; Mais sa sagesse à peine a refermé l'abîme, Que Pompée et César, rivaux ambitieux.
Déchirent leur pays, qu'ils vont perdre avec eux. Pompée est chez les morts, César commande ew maître :
de Grodno.] CHANT VI. 123
La liberté s'indigne, elle ose reparaître ;
Mais en vain le poignard a frappé l'oppresseur :
Le peuple fatigué tombe dans la langueur.
Avec Brutus mourant la République expire,
De sa cendre s'élève un despotique empire ;
On n'y retrouve plus la Rome d'autrefois,
La volonté du chef prend la place des lois.
En vain la gloire encore y luit par intervalles :
Il est pour un Titus vingt Héliogabales.
La mort s'étend sur Rome, et de ce vaste corps
Va miner par degrés jusqu'aux derniers ressorts:
Ecrasé sous son poids, le colosse succombe ;
Et vingt peuples divers viennent fouler sa tombe.
Que l'histoire, ô mon fils, t'instruise par ma voix : C'est le fidèle ami, le seul ami des rois. Que ne puis-je, à tes yeux ouvrant une autre scène. Té montrer les complots que prépare la haine ! Mais, réprimant dans l'homme un imprudent désir, La sagesse des Dieux lui cache l'avenir : Seulement, chaque jour, le Temps le lui révèle, Le Temps, de mes décrets exécuteur fidèle.
Un génie implacable, acharné sur tes pas, T'observe, te poursuit, menace tes états. Redouble de vertu, d'efforts, de vigilance ; Crains que trop de bonheur n'endorme ta prudence!
121 NAPOLEON. [La Caverne de Grodno.
Des revers effrayants.... A ces mots, le Destin, Les Tableaux, le Palais, tout disparut soudain.
Tandis que du héros le sommeil se prolonge, Un vautour vient à lui se présenter en songe, Qui saisit un guerrier, l'emporte dans les airs. Et s'abat sur un roc assis au sein des mers.
Napoléon, sortant d'un rêve qui l'étonné, Appelle ses guerriers.... La trompette résonne, La troupe se rassemble, on part avec le jour.
Rien de Napoléon n'entrava le retour.
La France le revit trahi par la fortune. Mais prêt à s'immoler pour la cause commune. Il sut, par sa présence, imposer aux mutins, Et rallier encor les esprits incertains.