CHAPITRE DEUXIEME. 5i
En philosophe, eût pris des airs indifférens Pour raconter ce legs de six cent mille francs ; Elle, dit :
« Je suis riche ! . . . et voilà mon histoire : Mon parrain, l'Empereur, tu ne vas pas me croire ! A , pour moi , déposé chez un banquier flamand Une dot — qui grossit je ne sais trop comment. Le banquier a voulu bien m' expliquer la chose; Il a parlé de legs, de testament, de clause. Du secret qu'il avait. saintement respecté Jusqu'au jour révolu de ma majorité , Des soins qu'il avait pris pour grossir cette somme.... Que sais-je? il parlerait encore, le brave homme. Mais je n'écoutais point; tout cela m'ennuyait. D'abord c'était trop long, — et puis il bégayait. Tout ce que j'ai compris, c'est qu'un héros lui-même, L'Empereur, a veillé sur mon sort. — Que je l'aime î
5i NAPOLINE.
(Jombien il me tardait de venir te conter Ce grand événement, dont je ne puis douter. Du secret qu'on m'avait caché ; vois quelle preuve! . .
.le vais au bal ce soir ma robe est toute neuve;
Ma guirlande est charmante ; elle me sied très bien. . . J'ai choisi ce collier pour moi.... voici le lien ;
Point de façons à toi ma prem.icTe largesse!
Je Aeux que mon amie étrenne ma richesse. Je deviens folle!... Alfred! — ce soir je le verrai; Oui, miais en lui parlant je crois que je rirai. 11 viendra me prier à danser, je le pense ; Alors je lui diraij, pendant la contre-danse :
(( Je suis riche à présent. Monsieur, vous me plaisez; (f Ma fortune est à vous ....)>
Et puis, chassez, croisez.