CHAPITRE DEUXIÈME
La duchesse disait : u Que me demandez-vous?... » Et puis elle prenait un air tendre et pudique.
c( Demain ! » reprit Alfred. . . .
Ce mot fut sans réplique.
Elle baissa les yeux, — Alfred saisit sa main, Et, d'ime voix émue, il répéta : « Demain!... »
Napoline comprit ce coupable langage!
La vierge la plus pure a cet instinct sauvage
Qui lui fait deviner une infidélité.
Tout l'enfer s'alluma dans son cœur agité..
Mais il faut se contraindre et boire le calice. Quelqu'im vient la chercher pour danser; ô supplice
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64 INAPOLINE.
Elle reprend courage elle cause, elle rit;
Comme une femme heureuse elle fait de l'esprit : Elle jette des mots piquans ; — chacun l'écoute ; Elle est un peu moqueuse, et méchante, sans doute ; Son esprit excité venge son coeur souffrant : Le mal que l'un reçoit, c'est l'autre qui le rend. Oh! l'on devient cruel quand le coeur se déchire.. Et pour elle, à mon tour, j'écris cette satire; Car ces vers insolens sont partis de mon cœur. Ce sont les cris amers du poète vengeur ! !
Après avoir conclu son marché de tendresse, Alfred a cru prudent de quitter la duchesse. Il jette sur le bal un regard satisfait, Dérobe quelques fruits au splendide buffet.