CHAPITRE DEUXIÈME
Il avait ce maintien joyeux et ridicule,
Ce bonheur indiscret d'un fat qui dissimule.
Sa joie était visible — et son air emprunté.
Oh! l'amour véritable a plus de dignité;
Il somnt en secret; son regard sait se taire,
La vanité joyeuse ignore le mystère,
L'orgueil ne sait plus feindre au comble de ses voeux.
Et devant une glace, arrangeant ses cheveux. Parlant haut, ricanant comme un fat de province, Alfred se pavanait et faisait le bon prince; On eût dit, à son ton goguenard, protecteur, Qu'il jouait les mar^Mï'^ — mais en mauvais acteur.
Auprès de Napoline il vient, plein d'assurance; Elle affecte, k sa vue, un air d'indifférence.
Oh! que lui dira-t-il? Par quelle fausseté Voudra-t-il apaiser son orgueil irrité?
Vient-il la consoler par une tendre excuse?... Peut-être il l'aime encor, peut>-être elle s'abuse...
(( 11 fait bien chaud, ce soir ; comment peut-on danser !.. »
Voilà tout le discours qu'il daigna prononcer. Napoline attendait, sa réponse était prête; Mais Alfred, aussitôt, se perdit dans la fête.
(( Quoi! A'ous le connaissez? dit un danseur voisin.
— Qui? Monsieui' de Narcet?
— Oui, mon futur cousin :
Ma cousine lui plaît, sa fortune le tente.