CHAPITRE DEUXIÈME
Amaiida Gobinaid l'aime assez, mais ma tante Dit qu'il n'a pas le sou, qu'il est léger, qu'enfin Une femme est toujours veuA?e avec un marin.
— Et cette jeune fille. . , . est-elle aimable. . . . belle? . . .
— Mais, vous pouvez la voir; il dansait avec elle....
— Tout à l'heure?...
— A l'instant.
— Ah ! oui , je les ai vus. »
Et puis elle pensait : «Je ne respire plus!
Je sens que je succombe ! Oh ! ma tête se troubh'. . . .;)
Mais elle se contraint, son courage redouble.
Souffi^ir et plaisanter, femmes, c'est notre lot.
Tout bas elle disait : u Le monstre ! ...» Et puis tout haut
« Que ces airs sont jolis; ils font aimer la danse J )>
Elle pensait :
(( Hclas! plus d'amour, d'espérance!
Aimer pour de l'argent une héritière, lui!... Eh bien , il peut m'aimer ! je suis riche aujourd'hui ! , Mais il a trop d'orgueil — Cet orgueil nous sépare ; Ce soir il s'est montré trop vil et trop barbare. Pour revenir à moi plus tendre, en apprenant Que je suis riche.... Il va me haïr maintenant; 11 sait que je le juge et que je le miéprise »
Elle disait :
« Voyez comme une robe grise Est triste dans un bal.
— Oh! vous avez raison; Cette étoffe n'est pas du tout de la saison. Une femme, d'ailleurs, n'est jamais trop parée