‹ NapolineChapitre 34 sur 75 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

(( Ah! la douleur s'éteint; mais, chez les gens d'esprit,

(( L'imagination jamais ne se guérit.

(( Son coeur est sec et froid, mais sa tête est brûlante, w

En se parlant ainsi, Napoline, tremblante,

Agitée, écrivait hélas! son dernier voeu.

Sur le papier tombaient des pleurs, des pleurs de feu. Et l'on voyait passer sur son jeune visage Toutes les passions, l'orgueil, l'amiour, la ragej La colère du coeur, si noble en ses excès

Puis la douleur revint plus calme après l'accès. Elle essuya ses yeux, — acheva sa parure. Attacha son manteau, demanda sa voiture; — Et le pas des chevaux dans la cour retentit, Et, comme pour un bal, légère, (îUe partit.

8o NAPOLINE.

SouA'^ent elle venait seule ainsi chez ma mère, Et sa femme de chambre, à sa vie étrangère. Bien qu'il fût tard, la vit sortir sans s'alanner.

Mais, je le sens, déjà vous allez la blâmer. Le désespoir est mal compris d'un cœur tranquille. Quelle horreur ! direz-vous ; aller momnr en ville ! Chez un jeune homme encor ; cela ne se fait pas î Ne pouvait-on choisir un plus noble trépas?...

Que vous dirai-je, moi? C'était de la démence. Mais c'est toujours ainsi qu'un désespoir commence.

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