CHAPITRE TROISIEME
Je soupçonne Monsieur d'avoir beaucoup d'intrigues. Ah ! ces jeunes marins , ils sont fous et prodigues. C'est à ces femmes-là que a a tout leur argent. »
Napoline comprit ce murmm'e outrageant :
(( Ce soupçon, pensa-t-elle , est un propos d'avare,
(( Une ironie encor de mon destin bizarre ;
« Mais, avant de mom^ir, je veux faire un heureux «
(( Qui n'a plus d'aA^enir doit être généreux
« Ma bom^se est pleine d' or ;
Prenez, je vous la donne.
K Je comprends votre erreur, et je vous la pardonne. «
Dans la chaml3re d'Alfred, tremblante, on l'introduit. Elle rougit de honte, et son courage fuit.
Le trouble, la douleur, une longue contrainte, Egarent sa raison. — Sa passion éteinte Se ranime à l'aspect de ces objets chéris , Qu'Alfred voit tous les jours. Ses livres favoris, Ses amies, souvenirs de ses nombreux voyages. Des plus nobles dangers séduisans témoignages ; Ces flèches, ces poignards, ces vases précieux, Ces rosaires bénis, rapportés des Saints-Lieux, Tout le faisait aimer dans ce modeste asile. Là, rien ne trahissait un coeur vain et futile.
Sur la console un buste attirait le regard : Napoline bénit ce bienfaisant hasard; De l'Empereur c'était une image fidèle.
L'artiste avait saisi l'ori^ueil de son modèle.