CHAPITRE TROISIÈME
Au coin du feu , rêveuse , elle resta long-temps ; Elle entendait gémir le vent sec du printemps, Qui, sur le boulevard, faisait craquer les arbres^ Et, triste, elle songeait au froid mortel des marbres. Au tombeau qu'elle aurait. ... à l'horreur de mourir,- Sm- son propre malheur elle allait s'attendrir.... Quand l'heure résonna — l'heure affreuse, fatale. L'heure qu'il oubliait auprès d'une rivale ! Son courage revint avec le désespoir.
« La mort! . . . Ici. . . . vivante il ne doit pas me voir! n Dit-elle....
Et , par ses soins , les portes se fermèrent. Et les charbons rougis, pour la mort... s'allumèrent.
« Hâtons-nous, pensait-elle; oh ! s'il allait venir! . . .
(( Que dis-je?. . . Elle saura long-temps le retenir
a Mais demain , ô demain , je lui serai rendue ! . . .
(( Et là , je serai froide et pour l'amour perdue !
(( Et , dans son désespoir, il se rappellera
« Celle pour qui je meure. . . . et nous comparera. . . .
« Me préférant alors, dans sa haine indignée,
(( 11 dira : Qu'elle est belle!... et je l'ai dédaignée!
« Et j'ai causé sa mort — 0 délire, ô fm^eur! —
w ELLE ! ! . . . il ne pomTa plus la nommer sans horreur.
H II trouvera sa vie et ses ruses infâmes ;
(( Il la trouvera laide entre toutes les femmes ! . . .
i( Avec amour, sur moi — ses regards tomberont.
« Triste, il admirera la candeur de mon front;
{( Sur ma tête glacée il versera des larmes ;
« Du bien qu'il sacrifie il sentira les charmes —