‹ NapolineChapitre 40 sur 75 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

L'amoui' n'est pas autant aveugle qu'on le pense; C'est un enfant gâté qui veut sa récompense. Souvent, vers le séjour si long-temps souhaité, 11 court avec ivresse — et fuit désenchanté. —N'allez pas dire encor que nos conseils sont rudes,- Femmes qui n'aimez point, coquettes — soyez prudes.

Alfred, de chez la belle a disparu sans bruit, Se demandant tout bas ce qui l'avait séduit. Pressant les longs adieux et les regrets d'usage, Furtif , il est sorti par un secret passage. Depuis qu'on s'est aimé, jamais amant heureux, Après un rendez-vous, ne fut moins amoureux. A peine a-t-il quitté sa nouvelle maîtresse , Qu'Alfred , d'une autre femme évoque la tendresse. Il songe à Napoline, et reconnaît ses torts. Car avec la raison 1 eviennent les remords.

Ce souvenir lui rend d'amoureuses idées : 11 compare soudain à ces grâces fardées, A ces attraits d'emprunt, si laids sans ornemens, Cette beauté naïve et ces contours channans. Cet éclat qui faisait admirer Napoline.

11 se la figurait douce , aimante , câline , Chaste et passionnée, humble et fière à la fois. Il lui semblait déjà s'attendrir à sa voix.

(f Chère enfant! disait-il, que fait-elle à cette heure? « Elle m'en veut, je gage, elle est triste, elle pleure. « Elle me hait!... Demain, j'irai la consoler : (( Oh ! j'empêcherai bien ses larmes de couler ! « Je lui dirai : Ma vie est à vous, je vous aime;

« Vous m.' avez mal jugé Je n'étais plus le même;

« Je devenais un fat , mais vous m'avez sauvé : « Donnez-moi le bonheur f[ue mon àme a rêvé;

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