CHAPITRE PREMIER
Bravant les préjugés, soumis aux convenances, Sa vie était un long concert de dissonances. Nos admirations nous trahissent parfois : Il prenait les défauts des héros de son choix; Parmi les élégans il cherchait son modèle; Au temps de Louis treize, à la mode fidèle. Le plumet de Cinq-Mars aurait paré son front; Au siècle de Turenne il eût singé Grammont, Richelieu sous Voltaire, et Flahaut sous l'Empire, Il imite aujourd'hui.... Mais je ne puis le dire!...
Ce héros de salon, maître en frivolité, Comme tout esprit faible était fort entêté. Et, malgré leurs succès, même encore il s'obstine A ne comprendre pas Hugo ni Lamartine :
« Pour les louer, dit-il, ou pour les critiquer,
« Je prierais ces messieui's de vouloir s'expliquer ;
(( Leurs vers sont un langage, ils devraient nous l'apprendre;
(( Je ne condamne pas les gens sans les entendre. »
Eh ! sans doute ! un cœur sec au poète est fermé ; Pour sentir le génie, il faut avoir aimé! N'admire pas qui veut : la Ijre parle à l'âme, Et cherche un fojer prêt à recevoir la flamme. Le poète, des sots est rarement compris; 11 s'honore parfois de lem^s pédans miépris. Puis il est des cerveaux que déroute la rime, Qui ne comprennent pas ce qu'un beau vers exprinie. Si vous n'y savez pas glisser de temps en temps Quelques mots de zéphirs, de roses, de printemps.