CHAPITRE PREMIER. 'i
Pauvre enfant, que d'ennuis ton jeune âge a soufferts Chez ce joyeux parent, négligemment pervers! Que de trouble il jeta dans ton âme douteuse ! Comme de ta candeur il te rendait honteuse! Pour l'étude et les arts il blâmait ton ardeur ; Puis, quand tu voulais rire, il devenait grondeur. Prude, pédant, léger, quel bizarre contraste! A l'église il voulait te conduire avec faste, Et t' apprendre à prier en femme de bon ton ; Puis, tout le temps du prône, il riait du sermon ; Et, pour mieux exalter ta prière fervente. Plaisantait le curé sur sa grosse servante.
Aussi ton jeune cœur, égaré dans sa foi ,
Du Ciel qu'il te fermait a méconnu la loi ;
Du séjour des élus il t'a caché la route,
Et ton dernier soupir s'est éteint dans le doute !
a4 NAPOLINE.
SI Dieu n'eut point pitié de toi quand tu mourais. S'il ne t'a point dicté de pénitens regrets, S'il n'a point révélé le Ciel à ton génie , Si, te voyant souffrir, il ne t'a point bénie,
Si tu brûles, hélas! dans l'abîme éternel ,
C'est grâce à ce charmant marquis de Beaucastel ! ! Lui seul par ses discours a perdu ta jeune âme; Et quand je le maudis, quand je le nomme infâme. Lorsque ma lyre en deuil gémit pour te venger...,
On dit : « Vous avez tort; c'est un homme léger, K Mais il n'est point méchant. . . »
Oh! puis-je me contraindre?
Mais les hommes légers sont les seuls qu'il faut craindre. Le vice est moins perfide; il choque la raison;