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nous est fort égal^ à noas autres^ qall en ait une de plus on de moins; mais, quand j'ai sa la chose^ j'ai trouvé que la limite entre votre enclos et le nôtre était un endroit mal choisi nour ses rendez-vous galants; qu'il comprolà^ riionneur de votre couvent en mèm»
ibimait mon jardin^ et je me suis promis de ivec un bon gourdin ou un bon fusil d& le guérir de cette fantaisie.
sUe dEstorade redevint pâle^ et^ oubliant les dix années d'absence et de retraite qui e passé du présent^ elle parla au cafetier lui eût parlé dans son enfance, à Ëstorade.
e, dit-elle vivement, ne fais pas cela!
i, et, se reprenant :
3s pas de scandale et n'accusez personne.^ e ne dois pas le souffrir, je ne le souffrirai e de mes religieuses, aucune de mes élèves 5 mes ouvrières ne sera soupçonnée à ma moi, moi seule que vous perdrez, si le cœur ^ous, messieurs, et l'honneur de l'autre ne s ma défense. C'est moi qui ai été vue sous ipeau, derrière cette palissade. Oui, B^arcisse,. iliette, votre amie d'enfance, qui ai reçu les epté les rendez^'vous de M. i i)an Gabier le
ainsi debout avec une exaltation fébrile. EHe
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était béroiqae; car sa pudeur révoltée Im prit aussitôt à <la gorge et au eoeur^ et elle retomba étouffée et comme pâmée sur «a chaise.
— Pauvre Juliette! s^écria involontairement Narcisse. Et il étendit la maiu^ mais sans oser prendre la sienne,
et il me dit avec angoisse :
— C'était pour son bien^ mais nous lui avons fait de la peine et du mai !
J'hais ému et inquiet moi-même; mais les pleiurs vinrent au secours de mademoiselle d'Estorade^ et nous les laissâmes couler quelques instants sans rien dire. Après quoi, nous loi jurâmes tous deux d'ensevelir ce secret au plus profond de nos consciences.
— Oui, oui, je le sais, répondit*eIle en regardant Narcisse; ce n'est pas vous qui me perdrez I car je peux être perdue^ moi qui n'ai pourtant rien à me reprocher. Je connais l'aversion des bourgeoises de ce pays pour la béguine, comme elles m'appellent aujourd'hui, pour la bostuây comme elles m'appelaient autrefois, quand je parais* sais au milieu d'elles et que je n'avais pas encore renoncé ouvertement au mariage. Et les ennemis de la religion ! Comme ils trioisplieraient, s'ils pouvaient raconter une pareille aventure! Quels sarcasmes, quels mépris, quels commentaires! Ah! vons le Toyez! ajouta-t-eUe en se toonaant ^ers nei, je siis lâche, je crains ropimon! Mais te n'est pas par oifueil, sachez-le bien, le ne le&s
pas de honte en moi-même^ et^ si mon hamiliation était utile à quelqa*an^ je remercierais Dien de me Tinfliger; mais donner le mauvais exemple^ et faire dire que nos couvents cachent des turpitudes^ ah! cela serait odieux. Ayez pitié de moi !
Nous lui fîmes des promesses si sérieuses^ Narcisse et moi^ que nous parvînmes à la tranquilliser.
— J*espère^ lui dit le cafetier^ que vous ne me croyez pas votre ennemi! vous que ma mère et ma sœur aimaient tant^ et qui avez fait tant de bien dans votre vie ! Ne soyez pas plus inquiète de mon ami que de moi-même. Je vous réponds de lui. Et à présent^ demoiselle Juliette, gardez votre terrain et faites de la bâtisse ce que vous voudrez; nous n'étions venus ici que pour vous avertir du danger. Ne parlez plus jamais à ce chanteur. Il a une autre maîtresse^ il en a vingt autres^ il en prend partout» et il np se so'cie d'a"<*nne. Quant à vous, il ne vous aime pas; il ''ous Tirera de Targeut poir pay^r ses dettes, et ce «era tout! Vous verrez que...
— Assez! assez s"r son compte l dit mademoiselle d'Estorade a^ec une soudai^^e fermeté. Ce n*est pas lui qui est en cause, c*est moi seule! Il faut que je prenne congé de vous. Voici rheure de nos offices, et votre visite s'est pro* iongée au delà de la règle du couvent; mais je veux vous revoir» je veux vous raconter tout ce que vous ignorez de moi. Je le dois, la vérité l'exige... Tenez, ici, cela
est difficile; mais ailleurs^ à Estorade^ par exemple?
— Vous y allez donc encore quelquefois? s'écria Narcisse. On disait que vous aviez fait le voeu de ne plus •ortiri
— On s'est trompé; je sors quand je yeux; rarement, il est vrai^ et il y a bien longtemps que cela ne m'est arrivé; mais je n'ai fait aucun vœu. Je n'ai point aliéné mes biens, et une visite à mes propriétés de campagne ne sera pas inutile. Quel jour voulez-vous nous y rencontrer? Je sais que vous avez toujours là votre maison d'autrefois, la Folie-Pardoux?
— Fixez le jour vous-même, demoiselle.
— Eh bien, le plus tôt possible.
— Demain?
— Demain, soit! Serez-vous libre? ajouta Narcisse en s'adressant à moi.
— Je ne me crois pas nécessaire à cet entretien tout i^nfidenliel, répondis-je. Je n'ai pas l'honneur d'être l'ami d'enfance de mademoiselle d^Estorade...
— 11 faut que vous soyez mon ami, reprit-elle. Vous voyez, dans ce momen^ci, je ne suis pas fière. J'attends tout de vous. Eh bien, je n'ai pas de honte à vous le demander; j'ai quelque espoir de vous en paraître plus digne quand je vous aurai raconté mon histoire. Viendrezvous?
Je saluai en si$(ne d'assentiment respectueux. On con«
vint^ rheure et da lieu de la rencontre^ qni^ poor les-
convenanees^ si redoutées en proyince^ devait paraître-
aokenée par le hasard.
ûsse à Juliette en se retirant/iroi»
st-ce pas^ le chagrrin... C'était pour
oust Et^ si vous ne m*en foalez pas^
nr d'autrefois,
lemoiselle d'Estorade ayee un sourire^
ranquille. Pas ici; je ne le puis. Il y
I j'observe. Mais à Estorade^ c'est dif-
3 suis libre^ et je ne mettrai pas d^
la main d'un ami.
ae dit Narcisse, rêveur, quand nous-
roilà heureux de revoir avec elle le rsî
serais, sL.. Mais, voyez-vous, à Es- !, elle n'est plus religieuse; elle y va 3 n'a pas aliéné ses biens; elle peut tère et y serrer, dit-elle, sans scruami... Tenez! tenez! tout cela veut marier, et qu'elle y songe ! le suis qu'elle est aussi pure que l'ânluU de bis; mais elle a une inclination qui bonheur qu'une intrigue. Elle ven( i ! Elle l'aime, en toul bien tout hon*
nemr, la pauvre fille ! Et loi^ qoi a besoîa d*argent pour payer ses dettes, il la plantera. là^ ou la fera mourir de diagrin.
^ Pourquoi ne pas supposer qu*il raime et qu'elle le sauvera?
— 11 ne raime pas! Ne vous a^tril pas dit qu'elle était vieille et bossue ?
— Il répétait ce que Ton dit ù!éûe, pour mieux cadier 9on secret; mais il avait soin de dire qu'il [ne Tavait jamais vue. D'ailleurs, vous-même, Narcisset, ne m'ave2>- Tous point parlé de la même manière, et presque dans les mêmes termes?
— Moi, moi, c'est différent 1 Je ne suis pas amoureux ! Je puis dire ce qu'elle est sans lui faire injure !
—Ainsi, vous la trouvez incapable d'inspirerde l'amour?
— iB n'en ai jamais eu pour elle I Elle n'a jamais songé à m'en donner; je ne lui dois rien de ce côté-là; au lieu que lui, il faut qu'il l'aime comme elle est, ou qu'il la trompe indignement; il n'y a pas de milieu.
Le raisonnement était juste.
— Nous saurons tout demain, lui dis-je; prenez patience]
Le lendemain, nous louâmes une affreuse carriole et un assez bon petit cbeval, qui, en trois quarts d'heure de trot, nous conduisit à la Folie-Pardotm, en vue très-n^ pochée du manoir d'Estorade.