ACTE II , SCÈNE IL :ii
ALEXIS
Ma présence t'étonne ?
L'EXILE, regardant çers le Heu par lequel il est entré.
Elle tient du miracle.
Hé quoiî seul?
ALEXIS
Oui. Nul guide avec moi n'est venu.
Et du fleuve pourtant j'ai surmonté l'obstacle.
L'EXILÉ
Par quel favorable hasard Ton aspect enchanteur frappe-t-il mon regard ?
ALEXIS
L'espoir de t'arracher à ton sort déplorable Me fait aborder tout exprès.
J'ai vu l'instant où l'onde impitoyable Alloit m'engloutir à jamais.
Dieu 5 qui veilloit sur moi , m'a délivré de peine.
Si je puis abréger la tienne, Je bénirai deux fois son aide et ^q's» bienfaits.
L'EXILÉ
Quel intérêt ton cœur prend-ii à mes misères? ^ Comment suis-je connu de toi ?
ALEXIS
N'es-tu pas exilé? c'en est assez pour moi.
Tous les infortunés sont frères....
Mais déjà ton asile est assailli des flots..... Partons.
// veut V emmener.
û2 NAÏALIE,
L'EXILÉ, le retenant.
Le ciel , voile d'une nuit plus obscur'e ^ Annonce des périls nouveaux»
Attends que l'horizon s'épure.
ALEXIS
Aucun de mes parens de mon sort n'est instruit:
Ma mère en conçoit des alarmes.
Peut-êlre chaque instant qui fuit Remplit son cœur d'effroi , baigne ^q% yeux de larmes.
Hâtons-nous. C'est trop l'affliger.
fL'EXILÉ.
Ah ! son inquiétude est sans doute cruelle.
Mais il vaut mieux la prolonger Que de la convertir en douleur éternelle
Entends ces affreux sifflemens.
Qae pourroii , cette fois, ta fragile nacelle
Contre ce choc des élémens.^
hYI^Tl^S , persuadé.
Hé bien ! différons quelque temps..,..
Mais du uioins^ à ma mère apprends combien j'expie Mon imprudence et ^^^ tourmens.
L'EXILÉ
Oui , ma voix lui dira tes pieux sentimens. Tu la chéris donc bien ?
ALEXIS
Avec idolâtrie.
Elle n'inspire pas d'autres attachemens.