‹ Nationalisme et impérialisme économiquesChapitre 12 sur 37 · LAPS · texte numérisé non relu

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En effet, les statistiques du commerce extérieur établies jusqu'à ce jour font ressortir que ce sont les pays les plus développés au point de vue économique qui entretiennent les échanges les plus considérables et qui sont en état de dépendance la plus étroite les uns avec les autres.

Si nous nous référons aux résultats obtenus par M. Danos (1), nous constatons que les pays à richesse ancienne, comme la France, l'Angleterre et l’Allemagne, ont une balance défavorable tandis que les pays récemment développés : Russie, États-Unis et Japon, ont une balance constamment favorable.

Il y a lieu de considérer, en effet, qu'une balance défavorable n’est nullement un indice de décadence économique, mais a sa raison d’être dans un certain nombre de faits tels que : constitution d’un important portefeuille de valeurs étrangères, visites de touristes à l'étranger, etc., qui s'expliquent par un état prospère antérieur et dénotent une civilisation plus avancée.

D'autre part, ainsi que le fait ressortir M. Danos, les faits économiques ne révèlent nulle part l'existence de pays à importations tendant vers zéro et se rapprochant, par suite, de l'État jouissant de l'indépendance économique (1).

Au contraire, la nature des échanges indique une interdépendance étroite entre les pays industriels et agricoles.

C'est ainsi que les puissances du premier groupe (France, Angleterre, Allemagne) importent principale-

(1) Danos, L'idée de l'autarchie économique et les statistiques du commerce extérieur, p. 57 et sq. Thèse Paris 1921.

Les statistiques relevées par M. Danos ont trait aux années précédant la guerre, à compter de 1895.

Re

ment des matières premières pour l’industrie et des produits alimentaires : elles exportent principalement des objets fabriqués.

C'est l'inverse pour les puissances du deuxième groupe moins avancées dans l’ordre industriel et, qui se reposent plus spécialement sur les éléments naturels pour leur fournir les produits destinés aux échanges internationaux.

Une étude des échanges effectués entre eux-mêmes par les pays industriels conduirait à des conclusions analogues et il paraît impossible de se soustraire aux conséquences de l’inégale répartition des matières premières dans le monde, de la différence d'aptitude des races, de la multiplicité des climats. Indépendamment des conditions naturelles de la production, il y a encore lieu de tenir compte de la différence des degrés de civilisation et de l'inégalité de développement des forces productives dans chaque pays. Tous ces éléments déterminent la formation de pays à structures économiques différentes et contribuent à élargir la division internationale du travail en intensifiant les échanges (1).

En résumé, il semble absolument illusoire de vouloir concilier la formation d’autarchies ou de grandes unités économiques avec le développement continu du

(1) « Des communautés différentes, dit Karl Marx, trouvent dans leur entourage naturel des moyens de production différents, ainsi que des moyens de subsistance différents. Leur mode de production, leur manière de vivre, leurs produits sont donc différents. C’est cette différence naturelle qui, lorsque les communautés entrent en contact, provoque l'échange des produits mutuels et, par suite, la transformation progressive des produits en marchandises. L’échange ne crée pas la diflérence des sphères de production ; il met en rapport les sphères différentes et les transforme ainsi en branches plus ou moins dépendantes les unes des autres, d’une production totale sociale », Karl Marx, Le capital, Hvre premier, t. II, p. 251.

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