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à la création d’un lien de plus en plus étroit, encore moins à la formation d’une autarchie fermée. Nous Conclurons donc que cette dernière est impossible à réaliser pratiquement et que toutes les tentatives qui pourront être faites à ce sujet se heurteront presque’infailliblement au nationalisme plus ou moins intransigeant des participants ou à l’inextricabilité des liens créés par l’économie mondiale.
Depuis la tentative de Chamberlain, la situation de l’Angleterre est loin d’être améliorée et ses industries principales traversent l’une après l’autre des crises de réadaptation. Pendant que les industries rivales s’armaient d’un matériel moderne et enlevaient une partie importante des anciens débouchés britanniques, les industries anglaises sont restées en possession d’un matériel suranné et handicapées par des prix de revient qui sont toujours grevés par les charges fiscales, par le relèvement de la livre sterling à sa parité d'avant guerre et de forts salaires.
Il en est résulté un ralentissement des exportations qui, joint à la diminution du portefeuille des affaires étrangères et à celle des autres sources de revenus, a rendu plus précaire la balance des paiements et le cours de la livre plus difficile à maintenir sur le marché des changes.
D'ailleurs la fréquence et la gravité des crises attestent les embarras de l’économie anglaise.
En 1926, les conditions particulièrement onéreuses d'exploitation de l’industrie houillère dues à la vétusté de l’outillage, au morcellement des concessions, etc., ont déterminé une grève consécutive à une réduction de salaires.
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La métallurgie traverse également une crise très dure et, en 1925, malgré un excellent charbon à coke à proximité de la mer, malgré les transports à bon marché des meilleurs minerais et un équipement pléthorique, 149 hauts fourneaux seulement sur 465 étaient à feu. En 1929, l’industrie cotonnière qui est, malgré une production inférieure de 30 pour cent à celle d’avant guerre, et malgré la concurrence de l’Amérique, de l'Italie et du Japon, l’une des industries fondamentales de l’Angleterre (1), a été atteinte à son tour par un lock-out qui a réduit à l’inactivité environ 1.800 usines et au chômage 500.000 travailleurs.
Le chômage, qui est la conséquence de ces crises et du ralentissement de l’activité économique, est en voie de progression croissante et se complique d’un problème démographique très difficile à résoudre.
De 1914 à 1928, en dépit du million d'hommes perdus à la guerre, la population des Iles Britanniques est passée de 41.714.000 à 44.375.000. L’Angleterre proprement dite vient en tête de tous les pays européens comme densité de population, et comme cette dernière continue de s’accroître annuellement de 200.000 unités, la masse des chômeurs subit une augmentation corrélative de celle de la population. Avant la guerre, cet excédent de population était absorbé en majeure partie par l’émigration dans les colonies et les Dominions ; mais cet exutoire s’est fermé à peu près complètement depuis la guerre et l'Angleterre se
(1) L'industrie cotonnière anglaise est également concurrencée par les cotonnades de l’Inde et en 1929 ; la chambre de commerce des marchands indiens a demandé à être protégée, non seulement contre le Japon et l’Italie, mais aussi contre le Lancashire.