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LA MARQUISE DE BAGLION

A M. le marquis de Chaponay

LES DERNIÈRES ANNÉES

lastique du Roure, une des filles de cette comtesse du Roure qui fut dame de la Dauphine, amie de Madame de Pompadour et sa compagne ordinaire aux voyages de Choisy. Madame de Baglion est une fort belle femme, avec plus d’intelligence que de charme dans les traits ; sa robe, très décolletée, découvre une poitrine éblouissante ; ses longues mains ramènent une écharpe bleue qui retient des fleurs, et des fleurs partout sont semées sur elle. On a dû parler plus d’une fois de ce tableau à Versailles, à la toilette de la Marquise ou aux petits soupers du Roi.

Après cette apothéose de la femme, Nattier n’exposait, en 1747, que deux portraits d’homme : celui du Dauphin à Fontenoy et un portrait « historique » daté de l’année précédente, le duc de Chaulnes en Hercule. Le fds du maréchal de Chaulnes, qui s’était appelé le duc de Picquigny jusqu’à la mort de son père, en 1744, avait fait peindre sa femme en Hébé et souhaité aussi pour lui-même le travestissement mythologique ; il nous apparaît assis sur des rochers, couvert de la peau d’un lion, la poitrine, les bras et les genoux nus, tenant dans ses mains la massue arrachée d’un arbre

voisin ; si Ton isole la belle face au fort menton, à la bouche fine, avec son encadrement de cheveux naturels, on retrouve aisément le portrait d’un grand seigneur de la cour de France. Cet étrange tableau, d’une chaude coloration dorée, sort tout à fait de la manière ordinaire de Nattier.

Au Salon de 1 7 A 8 , il présentait les portraits de la Reine, de Mesdames Sophie et Louise, un pastel de M. de Maupeou, premier président du Parlement de Paris, et un portrait de la demoiselle Coraline, actrice de la Comédie-Italienne, qui n’est pas indiqué au livret et dont parlent seulement les Observations sur les Arts, du sieur Saint -Yves. On pourrait songer à identifier ce tableau soit avec la piquante tête brune, appuyée sur un bras charmant, le cou serré d’un collier de jais, qui semble porter la date de 1748 dans la collection Cronier, soit avec cette « Mademoiselle de Savigny » , qui fut longtemps si admirée chez le feu marquis de Ganay et qui est, à coup sûr, un des plus séduisants morceaux de notre peintre.

A cette belle production de 1748 , nous allons pouvoir joindre une pièce d’un intérêt particulier ; c’est le portrait de Madame de Pompadour, dont il faut ici établir l’histoire,

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