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LA MARQUISE DE LA FERTE-IMBAULT

A M. le marquis d' Estampes

LES DERNIÈRES ANNÉES

puisqu’il est demeuré oublié jusqu’à ce jour. Dès l’année qui suit le commencement de sa liaison avec Madame Le Normant d’Etioles, Louis XV la fait peindre par Nattier. Il la veut en Diane, rappelant ainsi peut-être l’entreprenante amazone de la forêt de Sénart, qui attira d’abord son attention au cours des chasses royales. La jeune femme est, selon toute apparence, en relations avec Nattier, car l’on peut supposer qu’elle a déjà eu son portrait du peintre à la mode. L’exemple de son amie, Madame de la Ferté-Imbault, de qui elle chercha longtemps à imiter les bonnes manières, l’a sans nul doute décidée, et M. Le Normant de Tournehem, fermier général opulent et Mécène des artistes, a dû sans hésiter satisfaire un tel caprice de sa belle nièce. Un portrait en buste, qui nous est imparfaitement connu, et que Nattier a signé et daté, passe dans une famille de la descendance des Le Normant, pour représenter la brillante bourgeoise de 1742. Quelques années plus tard, ses hautes destinées s’étant accomplies, elle s’est retrouvée en présence du peintre.

Nattier est mandé à la Cour, pendant le séjour à Fontainebleau, dans l’automne de 1745, et son court mémoire dit tout ce qu’il

importe de savoir : « Mémoire d’un portrait de Madame la marquise de Pompadour, peint par ordre de M. de Tournehem par le sieur Nattier, à Fontainebleau, pendant l’année 1746. Ce portrait est peint jusqu’aux genoux, sur une toile de quatre pieds quatre pouces de haut sur trois pieds quatre pouces de large. 11 représente Diane avec ses attributs ; le fond est un paysage. Ledit ouvrage estimé 2,500 livres. » L’artiste, qui n’a fait à Fontainebleau qu’une étude de la tête, ne livre pas immédiatement son tableau ; il n’est payé que sur l’exercice de 1748, bien entendu sans réduction aucune. C’est pour ce portrait de la marquise que Nicolas Pineau a sculpté, en 1747, une belle bordure aux motifs de chasse, dont le dessin a été conservé.

Cette grande toile n’a été signalée nulle part, et on peut souhaiter que ces indications la fassent retrouver. Une Diane, qui figura dans une vente de 1877, et que citent les Goncourt, portait le nom de la marquise ; mais on sait quelle autorité ont les désignations des ventes. Un renseignement tout à fait sérieux est apporté par les petites estampes assez médiocres de Cathelin et de Le Beau ; Madame de Pompadour y est représentée, d’après Nattier, en buste dans un ovale, de face, les cheveux rele-

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