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LA MARQUISE DE POMPADOUR

Musée de Versailles

LES DERNIÈRES ANNÉES

vés, sans fleurs ni bijoux, la gorge à demi nue, une draperie couvrant en partie la chemise, et fixée par un ruban qui passe sur l’épaule. Ces gravures contemporaines reproduisent apparemment un fragment de la Diane ; elles nous ont mis, en outre, sur la voie d’une découverte différente.

Le musée de Saint-Omer tient de la libéralité d’un particulier un portrait en buste de Nattier, daté de 1748, que répète, avec quelque diversité dans l’expression, une toile de Versailles désignée jusqu’ici comme représentant la duchesse d’Orléans, à laquelle, à vrai dire, il ne ressemble en rien. Ce dernier tableau, qui semble plutôt une réplique de Nattier qu’un tableau d’atelier, mais que les repeints ont déplorablcment défiguré, dut être jadis un morceau excellent , pour qu’il nous transmette encore une séduction féminine aussi pénétrante. Or, les deux toiles, l’original de Saint- Omer et la répétition de Versailles , reproduisent, détail pour détail, pli pour pli, sans la moindre variante, la disposition des petits portraits de Madame de Pompadour gravés de son temps d’après Nattier. Cette présomption d’identité sc justifie par un examen attentif : aucun trait ne s’y trouve on désaccord avec la

tradition iconographique de la marquise ; on y note même la couleur indécise des yeux et l’indication des cheveux châtains. Ce portrait, qui nous a longtemps inquiétés et dont la désignation ancienne ne pouvait nous satisfaire, apporte donc une heureuse surprise. Si ce n’est point le grand tableau commandé par le Roi , c’en est du moins la partie essentielle répétée par Nattier, probablement pour la marquise elle-même; et voici enfin, ajoutée à cette galerie de ses images, si différentes les unes des autres, si délicieuses et si déconcertantes par leur variété, une Madame de Pompadour nouvelle et non la moins enchanteresse.

Comme il n’y eut pas d’exposition au Louvre en 1749, Nattier ne présenta que l’année suivante les principaux tableaux auxquels il a mis cette date. On s’étonne qu’il n’y ait pas joint le portrait de l'ancien doyen de la Faculté de médecine de Paris. Guillaume-Joseph de l’Epine, qui appartient encore à cette Faculté; ce jeune dignitaire de l’Université, aux traits affadis et sans caractère, mais élégamment enfoui dans une éblouissante hermine, est celui qu'a gravé beaucoup plus tard Augustin de Saint-Aubin, ad vivum et dans le même costume. Le Salon

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