‹ NattierChapitre 3 sur 39 · NAÎT 1ER · texte numérisé non relu

NAÎT 1ER

ses portes largement, sans limitation du nombre de ses membres, à tous les talents de quelque mérite. Ceux qui négligeaient de s’y faire recevoir étaient exposés aux vexations que la corporation des maîtres -peintres de Paris ne manquait pas d’infliger à tout manieur de pinceau non muni de ce titre privilégié de « peintre du Roi », que conférait l’Académie. Les querelles des peintres indépendants ne sont pas rares à cette époque, avec « cette communauté d’ouvriers, qui ne devraient point avoir le droit de troubler les opérations du génie » et qui se l’arrogent en toute occasion. L’Académie royale a été constituée précisément en vue de protéger le travail des véritables artistes et de les mettre à l’abri de la juridiction tracassière d’une corporation d’artisans.

Nattier fut lui-même victime d’une de ces aventures que subissaient assez souvent les artistes en retard avec les formalités académiques. Les maîtres-peintres s’étaient transportés chez lui et menaçaient de saisir ses ouvrages, exécutés en contravention avec le droit exclusif qu’ils possédaient de couvrir des surfaces peintes. Nattier dut transiger avec eux, en promettant de faire gratuitement pour leur chapelle un tableau de religion, promesse

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