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ment qu’on ignore absolument la cause d’un phénomène que de l'attribuer à une force catalytique. On prenait comme exemple de ces phénomènes la décomposition de l’eau oxygénée par la mousse de platine. On sait que cette décomposition est un phénomène de dissociation :la mousse de platine introduit dans l’eau oxygénée uneinfinité de bulles d’air, qui constituent une atmosphère qazeuse au sein du liquide : plonger de la mousse de platine dans une liqueur, c’est étaler ce liquide en couche mince au contact de l’air. Or, l’eau oxygénée est dissociable : sa dissociation est naturellement d’autant plus rapide que la surface de contact avec l’air est plus étendue.
La mousse de platine favorise pour cette raison de dissociation de l’eau oxygénée : mais le sucre de canne estil dissocié ? L’amidon est-il dissocié? Les substances albuminoïdes sont-elles dissociées? Assurément non. Il n’est donc pas possible de rapprocher des. phénomènes
aussi différents que la saccharification de l’amidon, l’in-
version de la saccharose, la peptonisation des substances
albuminoïdes d’une part, et la décomposition de Peau oxygénée par la mousse de platine d'autre part.
Les théories de Liebig, de Bunsen et d’Hüfner, ne sont que des hypothèses dont rien n’est venu prouver la valeur. Dire que les ferments se comportent dans les phénomènes de fermentation comme l'acide sulfurique dans la préparation de l’éther, c’est faire une comparaison, mais rien de plus. On dit: tout se passe comme si le ferment existait chimiquement, comme si ce corps se com-
binait avec la substance transformable, et comme si cette
APT Ve
molécule dans laquelle entre le ferment se décomposait en régénérant le ferment et fournissant une substance de formation nouvelle. C’est une comparaison, je le répète, ce n’est pas une démonstration du mode d’action et de la nature des enzymes.
La théorie de Jager est également une hypothèse, et les faits qu'il a fournis à l’appui de cette théorie sont insuffisants pour la soutenir. Les expériences de von Wituchsur la possibilité de faire dialyser la pepsine dans une eau qui contient des flocons defibrine ne paraissent devoir être acceptées qu'avec les plusextrèmes réserves : von Wittich, à l'époque où étaient faites ses recherches, ne pouvait pas opérer dans des conditions d’asepsie parfaites ; il pouvait prendre par conséquent pour destransformations peptiques de simples phénomènes de putréfaction.
Les expériences de Kick ont été reprises et attaquées par Latschenberger. Cet auteur a constaté que si l’on emploie un appareil permettant de superposer une solution glycérinée de labferment et du lait, en évitant tout mélange des deux liqueurs, les couches inférieures du lait seules, celles qui sont en contact avec la liqueur glycérinée, sont caséifiées, les couches supérieures restant liquides pendant très longtemps: résultat qui démontre nettement que, dans les expériences de Fick, toutes les précautions nécessaires pour empêcher le mélange des deux liqueurs, n’ont pas été prises. Latschenberger à réalisé les mêmes expériences et obtenu des résultats identiques en superposant une liqueur fibrinogénique et
une liqueur contenant du fibrinferment,
Lune
Les faits sur lesquels s’appuyait de Jager, n’étant pas certainement exacts ne sauraient servir d'appui à $a théorie.
En résumé, deux théories sont en présence pour expliquer l’action des enzymes : l’une qui considère les enzymes comme des corps capables de contracter des combinaisons passagères avec les substances fermentescibles et d’être régénérées par destruction de ces combinaisons ; l’autre, moins, beaucoup moins répandue, indiquée plutôt que nettement énoncée, appuyée par de Jager, sur des faits inexacts, qui considère les enzymes comme des vibrations moléculaires capables de produire
des décompositions chimiques.
Malgré l’abondance des travaux sur les enzymes, la question se pose toujours la même. Que sont les enzymes ? Sont-elles des corps définis ? Sont-elles des propriétés passagères de certains corps définis, résultant du contact de ces corps avec la matière organisée vivantes ? Sont-elles des propriétés de corps appartenant à des séries chimiques bien différentes, tels que substances albuminoïdes, hydrates de carbone, etc. ? Sont-elles des vibrations et par conséquent des forces mécaniques ? des forces de dégagement ?
Je n’ai pas la prétention de résoudre ces questions. Je veux simplement présenter quelques remarques qui pourront sans doute être utilisées pour l’établissement d’une théorie définitive.
L'analyse chimique centésimale où la simple analyse qualitative sont insu {fisantes pour caractériser les ensymes.
On a cherché à les rattacher aux principaux groupes de
he
substances organiques qu’on rencontre dans les corps organisés : les uns en ont fait des substances albuminoïdes ; les autres en ont fait des jommes ; d’autres en font des substances non définies qui ne sont pas des substances albuminoïdes. Et tous citent à l'appui de leur dire des analyses qualitatives et quantitatives,
Mais dans tous ces travaux un fait frappe : tous les auteurs, après avoir soumis la liqueur diastasique et les produits qui en dérivent à une série de manipulations lonques et laborieuses, disent qu'ils ont préparé lenzyme pure. Mais aucun ne dit à quel caractère il reconnait que lenzyme est pure : tous admettent qu'après une série de dissolutions et de précipitations lenzyme doit être pure. D’autre part, suivant les liqueurs d’origine, suivant les modes de préparation, les ferments supposés purs présentent telles ou telles propriétés, telle ou telle composition C’est dire que la composition et les propriétés des enzymes des auteurs dépendent plus des conditions de leur préparation que de leur nature même. C’est dire, par conséquent, que ce qu’on analyse ce sont bien plutôt des substances albuminoïdes, des hydrates de carbone, des sels (car les enzymes des auteurs fournissent toujours de fortes proportions de cendres), que la substance active, en supposant qu'il existe une substance active de par sa composition chimique.
Comme le fait remarquer Henninger, la diastase du malt retient une forte proportion de dextrine à en juger d’après son mode de préparation, et de fait elle donne de la glucose lorsqu'on la fait bouillir avec de l’acide sulfu-
rique faible. Le ferment inversif du foie contient à l'état ARTHUS 7