‹ Nature des EnzymesChapitre 17 sur 18 · HUE · texte numérisé non relu

HUE

Les enzymes sont solubles dans l’eau et dans la glycérine. — Si on plonge dans de l’eau froide, à o° par exemple, un corps chaud, à 100° par exemple, que ce corps se dissolve ou qu’il ne se dissolve pas, peu importe : la température de l’eau s'élève parce que le corps lui cède de la chaleur. On peut dire, dès lors, que la chaleur s’est dissoute dans l’eau, comme les enzymes se dissolvent dans l’eau, Sans doute, dans l'exemple physique que nous venons de prendre, la chaleur passe du corps chaud dans le liquide froid, quelle que soit la nature de ce liquide ; tandis que lesenzymes ne passent pas dans tous les liquides. Mais qu'importe cette différence : tous les liquides ont la propriété de s’échauffer ; tous les liquides n’ont pas la propriété de devenir diastasiques, de même que tous les corps n’ont pas la propriété de devenir magnétiques.

Les enzymes sont précipitées de leurs solutions par l'alcool. Les enzymes sont entratnées de leurs solutions par les précipités qu’on y détermine.

Si on traite par lalcool une solution de chlorure de sodium, le précipité de chlorure de sodium emmagasine une certaine quantité de la chaleur contenue dans la solution, ou résultant de son changement d'état: un partage se fait entre la liqueur et le précipité, et ce précipité plongé dans une liqueur froide peut lui céder de la chaleur; de même que les précipités déterminés par l'alcool dans les liqueurs diastasiques emmagasinent une certaine quantité de l’'enzyme contenue dans laliqueur, et peuvent céder cette enzyme lorsqu'ils sont plongés dans des liqueurs convenablement choisies.

Si on détermine des précipitations dans des liqueurs

LE HEO TE

chaudes, une partie de la chaleur de ces liqueurs estemmayasinée par le précipité, et cette quantité de chaleur varie suivant la chaleur spécifique de précipité et suivant sa quantité ; ce précipité peutensuite céder à des liqueurs froides une partie de cette chaleur. De même que les précipités produits dans les liqueurs diastasiques fixent une certaine quantité d’enzyme, qu’ils peuvent céder ensuite à des liqueurs convenablement choisies.

Les enzymes sont fixées par la fibrine fratche et peuvent être cédées par celles-ci à des liqueurs convenablement choisies. La fibrine condense sur elle l’enzyme, de telle sorte qu’il est possible d’obtenir en la plongeant dans une liqueur déterminée, une solution diastasique beaucoup plus active que la solution origine. |

Lorsqu'on expose à la lumière certaines substances telles que le sulfure de zinc, ces substances absorbent de la lumière. Lorsqu’ensuite on les place dans l’obscurité, ces substances rayonnent la lumière qu’elles ont absorbée, comme la fibrine fixe des enzymes pour les céder ensuite dans des conditions convenables.

Lorsqu'on met en rapport les deux lames d’un condensateur ou les deux pôles d’un accumulateur avec les pôles d’une pile, on charge d’électricité ces appareils, et on peut, au moyen du condensateur chargé et de l’accumulateur chargé, obtenir des effets beaucoup plus énergiques qu'avec la pile qui a servi à les charger. De même que par l'intermédiaire de la fibrine on peut obtenir des liqueurs diastasiques beaucoup plus actives que la liqueur qui a servi à charger d’enzyme cette fibrine.

Les proensymes ont-elles des termes de comparaison

ve

OO D on

parmi les phénomènes physiques ? Assurément, Les réactions chimiques les plus variées peuvent être accompagnées d’un dégagement de chaleur, de lumière, ou d’une production d'électricité. Ces réactions chimiques ont engendré des forces physiques, des propriétés de substances, propriétés capables elles-mêmes de déterminer certaines actions chimiques. La combinaison du phosphore et de l’oxygène se fait avec dégagement de lumière, et cette lumière peut impressionner la plaque photographique, déterminer la combinaison d’un mélange de chlore et d'hydrogène, etc. De même certaines substances agissant sur des tissus organiques peuvent déterminer la genèse de diastases capables d'accomplir des actions chimiques.

Les phénomènes d’enzymolyse produits par l'action de certaines substances sur les solutions diastasiques ont leurs termes de comparaison parmi les phénomènes physiques. Qu'on traite par l'acide chlorhydrique un barreau aimanté, le barreau est dissous, Paimantation a complète ment disparu.

Les phénomènes de zymodynamogénie et de syminhibition ne sont pas sans homoloques. Imaginons un courant électrique traversant un certain circuit : Pintensité de ce courant et par conséquent son activité chimique dépendentde la pile génératrice etdu circuit conducteur. Imaginons que sur ce circuit on interpose une résistance : immédiatement l'intensité du courant est diminuée, les actions chimiques qu’il peut produire diminuent d'intensité et peuvent même être complètement suspendues. Cest là un phénomène d’électrofrénation ou d’électro-inhibition. Inversement supposons qu'une résistance du cir-

RTE —

cuit soit supprimée, les actions chimiques produites par le courant deviennent plus actives : il y a électrodynamogénie.

Enfin certaines fermentations ne s’accomplissent qu’en présence de certaines substances : la fermentation peptique ne s’accom} lit qu’en liqueur acide, la fermentation par le fibrinferment ne s’accomplit qu’en milieu calcique : il faut pour que ces fermentations s’accomplissent, et dès lors il faut, pour que les ferments existent, que les liqueurs renferment des substances convenables : pas d'acide, pas de pepsine ; pas de sels calciques, pas de fibrinferment. N’en est-il pas de même dans le monde des phénomènes physiques ? Le magnétisme n’existe que sur lacier ou sur lefer.

Ces quelques comparaisons nous permettent dénoncer

les propositions suivantes :

… Les enzymes, détruites par la chaleur, solubles dans l’eau, précipitées de leurs solutions par Palcool, entraînées par les précipités, fixées par la fibrine fraîche peuvent étre considérées comme des propriétés de substances et non comme des substances ; dans le monde des phénomènes physiques nous trouvons des propriétés de substances, chaleur, lumière, électricité, magnétisme qui peuvent être détruites par la chaleur, solubles dans l’eau, précipiées par l'alcool, entrainées par les précipités, fixées sur certaines substances.

Les phénomènes de symogénèse, de symolyse, de zymodynamogénie, de zyminhibitionet de symofrénation ont leurs homologues dans le monde physique, puisque

nous avons vu des phénomènes de {hermogénèse de

MARÉES ee

magnetolyse, d'électrodynamogénte, d’électro-inhtbition et d’électrofrénation.

Il n’est donc pas absurde d’admettre que les enzymes sont des propriétés de substances. Sans doute, cette manière de considérer les enzymes n’est pas démontrée, mais la théorie actuellement régnante des enzymes-substances ne l’est pas davantage.

La théorie que nous proposons n’est qu'une hypothèse, mais elle est à coup sûr vraisemblable et aucun fait ne

saurait actuellement être présenté contre elle.

Page 1