‹ Nature des EnzymesChapitre 4 sur 18 · AU LUE · texte numérisé non relu

AU LUE

on détermine la production de certains précipités, surtout la production de précipités gélatineux ou floconneux, tels que les précipités de savons de chaux, de phosphates. de chaux, etc.; et si on redissout ces précipités par un agent convenablement choisi, par l’eau légèrement

acidulée par exemple, dans le cas d’un phosphate de chaux, on communique à cette eau la propriété diastasi-

que. On dit que les enzymes sont mécaniquement entratnés et fixés par les précipités floconneux, notamment par le phosphate de chaux. Cela veut dire simplement que le précipité de phosphate de chaux produit dans une liqueur diastasique et débarrassé par lavage de la liqueur qui le souille, communique aux liqueurs dans lesquelles on le dissout la propriété diastasique ; cela ne veut rien dire de plus.

Les enzymes, dit-on, sont indialysables : cela veut dire et veut dire uniquement que si l’on met dans un dialyseur une liqueur douée de propriétés diastasiques, le liquide extérieur n’acquiert pas de propriétés diastasiques.

Les enzymes sont fixées par la fibrine fraîche; cela veut dire uniquement que si dans une liqueur douée de propriétés diastasiques on plonge des flocons de fibrine, on constate que la puissance diastasique de la liqueur diminue, et que, si, après avoir débarrassé cette fibrine, par des lavages, du liquide dans lequel elle a été plongée, on l’introduit dans une autre liqueur convenablement choisie, elle peut communiquer à cette autre liqueur la propriété diastasique de la liqueur primitive.

J'ai cru devoir entrer dans ces détails pour bien établir

que les expressions appliquées aux propriétés des enzy-

Sue AE CAE

mes ne doivent pas être comprises dans leur sens absolument rigoureux. Rien ne permet, en effet, d'affirmer que les liqueurs douées de propriétés diastasiques conüennent une substance chimiquement définie qui serait soluble dans l’eau et dans la glycérine, insoluble dans l’alcool, non coagulée par l'alcool, entraînée mécaniquement par certains précipités, fixée par la fibrine, non dialysable, décomposée par la chaleur, etc.

Certains tissus et certains liquides organiques, qui ne sont doués d'aucune propriété diastasique, possèdent la propriété d'acquérir, lorsqu'ils sont soumis à l’action d’un agent convenablement choisi, des pouvoirs diastasiques. On dit alors qne ces tissus et liquides contiennent des proferments, des proensymes, des substances zymogènes ou enzsymogènes. Cela ne veut pas dire que ces tissus et liquides renferment des substances chimiquement définissables qui, traitées par des réactifs convenables, se transforment en d’autres substances également définies, les ferments. Cela veut dire uniquement que ces tissus et

liquides possèdent la propriété de devenir diastasiques.

Exemple. — Lorsqu'on fait macérer une muqueuse gastrique d’un mammifère adulte dans l’eau distillée, on obtient une liqueur qui ne possède pas la propriété de caséifier le lait; mais si l’on additionne cette liqueur de 1 pour 1000 d’acide chlorhydrique, et si on neutralise cet acide par la soude ou le carbonate de soude quelque temps plus tard, on obtient une liqueur capable de caséifier le lait, On a engendré un pouvoir diastatique, on

a engendré une enzyme. Mais on ne peut pas engendrer

ERNQUEES

une enzyme en faisant agir l'acide chlorhydrique sur une liqueur quelconque: une macération aqueuse de muscle, de cerveau, de rein, etc., traitée par l’acide chlorhydrique n’acquiert pas la propriété, après neutralisation, de caséifier le lait. La macération aqueuse de muqueuse gastrique a une propriété spécifique remarquable, celle de pouvoir acquérir une propriété diastasique spéciale par l’action de l'acide chlorhydrique. On traduit ce fait en disant que la macération aqueuse de muqueuse gastrique contient un proferment, une substance zymogène transformable en ferment par l'acide chlorhydrique. Je le répète, cela n'implique pas nécessairement l’existence d’une substance matérielle, mais simplement l'existence de propriétés spéciales.

A ces transformations de proferments en ferments, il faut donner un nom, car tout phénomène net et défini doit avoir son étiquette permettant de le désigner et de le classer. Je propose d’appeler cette transformation symogénèse. Les agents capables de transformer les substances zymogènes en enzymes seront des agents zymogéniques.

Dans l’exemple précédent on dira que l’acide chlorhydrique est un agent zymogénique et qu’il produit dans les macérations aqueuses de muqueuses gastriques de mammifères adultes un phénomène de zymogénèse,

On peut d’ailleurs remplacer ces termes généraux par des termes spéciaux à chaque propriété diastasique. En conservant le mêmeexemple, on dira que les macérations aqueuses de muqueuses gastriques de mammifères adultes contiennent une substance labogène ; que l'acide chlorñ;-

ME drique, agent labogénique, transforme cette substance: labogène en lab.

À côté de ces phénomènes de zymogénèse, je placerai les phénomènes inverses, les phénomènes de destruction des diastases, les phénomènes que je propose d'appeler phénomènes de zymolyse. De même qu'il existe des

agents zymogéniques, il y a des agents symolytiques.

Exemple. — Lorsqu'on alcalinise par un alcali caustique à 1 0/0, par exemple, une liqueur douée de la propriété de caséifier le lait, une liqueur contenant du labferment, on constate que cette liqueur ne tarde pas à ne plus pouvoir, après neutralisation, caséifier le lait. Lorsqu’on acidule par un acide minéral à 1 0/0, par exemple, une liqueur douée du pouvoir de peptoniser les substances albuminoïdes en milieu neutre, une liqueur contenant par conséquent, de la pepsine, on constate que cette liqueur ne tarde pas à ne plus pouvoir, après neutralisation, peptoniser ces substances. Dans lun et l’autre cas, il y a eu zymolyse : /abolyse dans le prèmier cas, {rypsinolyse dans le second.

La chaleur est un agent zymolytique ; lorsqu'on porte à ébullition une liqueur douée de pouvoir diastasique, elle perd cette propriété : le ferment est détruit ; il y a zymolyse, où si l’on veut préciser plus encore, il y a thermozymolyse ; on pourra dire suivant la nature de la propriété diastique de la liqueur en expérience {hermolabolyse, thermotrypstaolyse, thermopepsinolyse, ete.

Les liqueurs douées de propriétés diastasiques sont

plus ou moins actives; on peut à volonté augmenter,

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