‹ Nature des psychoses choréiquesChapitre 13 sur 18 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Analogies des délires et hallucinations infectieux, toxiques et choréiques.

Nous venons de voir les rapports de l'infection et du délire, et nous croyons avoir montré qu'il y avait entre eux rapport de cause à effet. Nous allons étudier maintenant les caractères de ces délires infectieux et toxiques, et les rapprocher du délire choréique pour mieux montrer leur complète analogie. Mais il faudra. ici encore, séparer les phénomènes observés dans le stade fébrile de ceux qui se produisent pendant la convalescence.

Le premier degré du trouble mental, dans le stade fébrile, est l'insomnie. En même temps, on constate un état plus ou moins prononcé de dépression psychique, d'indifférence, de mécontentement, de malaise, de crainte, le tout accompagné de nombreuses récriminations. Parfois, il y a un léger degré de mélancolie et d’hypocondrie, qui se traduit par de la mauvaise humeur et de la méfiance vis-à-vis des personnes qui soignent les malades. C’est là un symptôme auquel il faut être attentif, d'autant plus que l'entourage ne croit pas

l'état mental du malade troublé, et que lui-même conserve sa pleine raison, la dépression psychique dont il souffre n’altérant pas sa lucidité d'esprit.

Mais à un degré plus avancé apparaissent des phénomènes plus graves et plus typiques, et présentant encore des caractères communs. En effet, il n’y a pas de troubles intellectuels pathognomoniques de tel poison ou de tel autre. Les folies artificielles créées par les toxiques ne sont que des réactions anormales de l'organe cérébral, surpris en plein fonctionnement régulier par un excitant nouveau. L'excitation peut porter sur un territoire quelconque, ce qui explique les différences apparentes de symptomatologie d'une intoxication à une autre. Mais, comme l'a fait remarquer Legrain, le toxique n’ajoute aucun élément nouveau à ce que peut créer le cerveau normal. Il n'y a pas de localisation sur une faculté; le délire est incohérent et absurde; il n'est jamais organisé: les hallucinations ne donnent aucune tournure spéciale au cours des idées : elles modifient l'iléation dans le moment où elles se produisent, mais le phénomène est passager.

Donc, le délire marque ici encore une seconde étape ; disons d'abord, que c’est une aggravation dans l’état mental signalé plus haut, et que ce délire est surtout hallucinatoire dans les maladies infectieuses. Quand ils’agit d'une influence toxique, les réactions cérébrales sont de deux ordres : tantôt diffuses, généralisées, exprimées par des symptomes vagues d'excitation, de dépression ou de stupeur; tantôt nettes, précises, et pouvant indiquer la sélection d'un centre particulier par le poison. On se trouve alors en présence d’hallucinations visuelles et de troubles psycho-moteurs.

Un caractère propre aux folies toxiques, c'est d'être en quelque sorte individuelles, et non organiques : ici on ne peut mvoquer des influences héréditaires ou un état mental

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