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faite, en me menaçant de ces mots : « Est-ce fait ?.. » J’étais alors en butte à leur colère. Elles me tourmentaient de mille manières, et quand je parvenais à m'en débarrasser, je tombais dans une sorte de prostration, d’engourdissement, d’oubli de tout, comme si la vie allait me quitter.
Cette situation dura neuf ou dix nuits. Enfin, un médecin du voisinage, devant qui, paraît-il, je fis mon expérience d’invisibilité, me proposa de me faire aller à la campagne. J’acceptai avec empressement, espérant être délivré de mes horribles visions, ce qui eut lieu. Le surlendemain, je crois, je montais en voiture, et j’arr'vais dans l'oasis de l'infirmerie du dépôt.
Le reste vous est connu.
Croyez, cher Monsieur, que je n’ai pas surchargé ce récit, je lai plutôt adouci, car j'ai oublié bien des choses, entre autres ce qui amenait chez moi de fréquents évanouissements. En parlant de l’infirmerie du dépôt, je me souviens que je pleurai à chaudes larmes dans ma cellule, car je me croyais bel et bien en prison, et j'attribuais cela à la vengeance de mes diables.Il est à croire que je ne suis pas le seul que frappe ce séjour cellulaire. Un bon homme, dont je fis connaissance à l’admission, m’affirma qu’il avait lu sur l'espèce de toile à sac qui sert de couverture au lit de camp des cabanons : « Forçat n° 7 ». Il ne l'avait sans doute lu que dans son imagination, mais il avait été frappé.
Pardonnez à la négligence de mon style et au décousu de ce récit; tout ceci est écrit au courant de la plume, et sans autre prétention que d’être aussi véridique que possible.
Votre tout dévoué.