‹ Nature des psychoses choréiquesChapitre 7 sur 18 · RUE · texte numérisé non relu

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l'adulte, où le rhumatisme est très fréquent, la vraie chorée n'existe pas.

Mais avant d'exposer sa théorie, il fait remarquer que «les désordres de la chorée seraient facilement explicables, si l’on pouvait supposer qu'elle est une maladie générale infectieuse. Mais comment expliquer ainsi que la chorée survient seulement à une période déterminée de l'existence ? » Il est plus satisfaisant, trouve Joffroy, de considérer la chorée comme une maladie d'évolution atteignant l'axe cérébro-spinal et liée non à la puberté, ainsi que le disa ent Sydenham et Bouteille, mais à une condition plus fondamentale, la croissance dans son acception la plus générale. Elle est au système nerveux ce que la chlorose est au système circulatoire, et1l l'appelle une névrose cérébro-spinale d'évolution.

« La théorie que je vous soumets, dit-il plus loin, supposant un trouble dans le jeu encéphalo-médullaire, me parait expliquer d'une facon plausible l’époque d'apparition de la chorée, aussi bien que les modifications de l'intelligence, les mouvements choréiques, [es paralysies, les troubles réflexes et sensitifs par lesquels elle peut se manifester. Dans cette compréhension de la chorée, il est facile de rattacher à la maladie elle-même les déterminations articulaires, en les faisant rentrer dans la classe des arthropathies nerveuses, je dirai même des arthropathies spinales et je rappellerai aussi l'influence fréquente des lésions centrales sur le développement d’altérations dans les grandes séreuses et les viscères internes. »

M. Joffroy est revenu récemment, et d'une façon plus explicite, sur sa manière de voir. Dans une clinique de la Semaine Médicale de 1893, il conclut en disant que :

1° La chorée est la manifestation (à l’occasion d’une maladie ou d'une émotion, etc.) de la dégénérescence de l'appareil nerveux moteur.

20 La folie choréique est la manifestation (à l'occasion de la chorée) de la dégénérescence de l'appareil psychique.

De même M. Comby, dans un article du Progrès médical, s'étonne de l'engouement des médecins pour cette doctrine rhumatismale qui a tenu pendant vingt ans le haut du pavé.

Sur dix-sept observations prises en deux ans, Comby n'a pas trouvé de rhumatisme. Tout ce qu'on peut accorder aux partisans de la doctrine rhumatismale, c'est, dit-il, que le rhumatisme se trouve plus souvent à l'origine de la chorée que les autres maladies aiguës. Cela ne prouve qu'une chose, c'est que la maladie rhumatismale, si grave dans l'enfance, porte au système nerveux une atteinte plus profonde que la fièvre typhoïde, la scarlatine, la rougeole, etc... Toutes ces maladies, quand elles frappent un organisme en voie de développement, peuvent le conduire à Ja chorée : encore faut-il que les sujets soient prédisposés par l'hérédité à cette manifestation nerveuse.

Puisque, dans l'espèce, l'anatomie pathologique est muette, la parole doit rester à la statistique clinique. Celle-ci n’a pas dit son dernier mot, mais jusqu'à présent elle est peu favorable à la théorie de G. Sée. M. Cadet de Gassicourt, qui partage cependant l'avis de cet illustre maître, admet que dans les deux tiers des casles choréesn'ontrien à voir avec le rhumatisme ! Aussi la conclusion de Comby est-elle que la chorée deSydenham est une névrose de croissance ayant des relations étroites avec l'hystérie.

Steiner, lui aussi, sur 252 cas, n'a vu que # rhumastismes ; Sturges, sur 219 cas, note 16 antécédents rhumatismaux.

Pour Bouchut, le rhumatisme n'aurait, dans la guérison de la chorée, qu'une influence banale résultant de l’anémie et de l'affaiblissement qu'elle entraine.

Charles Leroux nous dit qu'en prenant la direction du Dispensaire Furtado-Heine, il était imbu des idées de M. Roser. L'étude des faits, continuée trois ans, a modifié son opinion première. L'article de M. Leroux étant surtout un exposé statistique, nous ne pouvons le résumer ici. Disons seulement qu'il croit qu'il faut s'en tenir à l'opinion de Pinel, qui, le premier, considéra la chorée comme une névrose, et il se range absolument à l'idée soutenue par MM. Joffroy et Saric (thèse) que la chorée est une névrose de croissance.

Citons enfin, pour en finir avec cette théorie, les conclusions de Strumpell : «Force nous est de considérer la chorée comme une névrose,c'est-à-dire comme une maladie dontles désordres fonctionnels n'ont encore aucun substratum organique connu. »

Théorie réîflexe. — Cette théorie originale nous paraît un terme de transition tout naturel, et fort important, pour arriver à la conception de la chorée, suite possible d'infection. La plupart des auteurs la passent sous silence, mais nous croyons devoir la reproduire ici : nous l'avons puisée dans la thèse récente du docteur Triboullet fils.

En 1863, le docteur Triboullet (le père) .attirait l'attention sur l'existence, chez les choréiques, de points douloureux à la pression le long de la colonne vertébrale et sur le trajet des troncs nerveux des membres. Cette névrodynie fut étudiée par ses élèves Perrigault, Rousse et Mohammed- Saïd.

Voici l'exposé de ses principaux caractères:

1° Ces points sont d'autant plus marqués que la chorée est plus intense.— Quand il v a unilatéralité du mouvement, il y a

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‘unilatéralité de la douleur. —La pression en ces points douloureux augmentel'iatensité du mouvement choréique.—Tantque la pression réveille en ces points la sensation pénible, le mouvement ch oréique persiste.

20 Il semble logique, en bonne physiologie pathologique, de penser que :

«Ce qui domine le mode choréique, c'est une irritation des nerfs sensitifs (troncs nerveux et racines rachidiennes postérieures). L'excitation incessante, partie de ces foyers dolents centripètes, vient mettre en activité le centre, qui, comme toujours, réagit par voie centrifuge, d'où le mouvement choréique, en réponse à une excitation sensitive anormale. »

Et remontant à la cause efficiente, il ke

« Pour faire une douleur provoquée des nerfs, il faut une fluxion de ces organes ; cette fluxion ne peut être qu'inflammatoire; aussi faut-il toujours, dans le passé Le plus immédiat possible d’un sujet choréique, rechercher la maladie fébrile, aiguë ou subaiguë, rhumatismale ou autre, qui a pu faire la fluxion inflammatoire des nerfs. »

Telle est la théorie réflexe, théorie originale, qui a le mérite de reposer sur plus de 300 observations de l’auteur.

Remarquons en pensant que le terme de «maladie fébrile» est devenu presque synonyme du mot infection, et nous verrons que ce remarquable travail de pure clinique nous donne déjà la couception de la chorée infectieuse.

Théorie infectieuse. — À une époque où la bactériologie semble expliquer tant d'états morbides, il était naturel de chercher si, dans le cas particulier de la chorée, cette science trouverait son application.

€ La vie est antiseptique », a dit Hunter, «elle est caracté-

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