‹ Nature et sciences naturellesChapitre 2 sur 77 · CHAPITRE I Fondements utilitaires de ia connaissance · texte numérisé non relu

CHAPITRE I Fondements utilitaires de ia connaissance

Sommaire. — L'homme arboricole et rrii!;ivore botaniste. — La chasse des animaux et les rudiments de la soologie. — L*ébauche de la géologie chez les tailleurs de silex et les polissears de porphyres. — Les gemmes ornementales et les matériaux de construction. — Les sacrifices et Tanatomie.

Les notions élémentaires dont le développement devait plus tard constituer les sciences naturelles furent sans doute les premières idées construites et retenues. Malgré les profondes modifications intellectuelles, morales et analomiques que l'homme doit aux longs siècles de vie sociale et de station bipède sur le sol, il garde encore dans la forme de sa main et dans sa dcnlilion Tévidente empreinte d'une vie arboricole et d'un régime frugivore bien des fois plus longs peutêtre que toute ia durée de son histoire humaine. Avant môme qu'il n'ait pu s'intéresser au cours du soleil dont les alternatives concordaient avec son désir d*activilé et son besoin de repos, ou suivre dans le ciel la marche des étoiles, ce qui suppose le loisir des veillées nocturnes et l'abondance des vivres cueillis pendant le jour sans fatigue accablante, notre ancêtre lointain a distingué sûrement la forêt de la non-forét,

Tarbre de ce qui ne rétait pas, la plante portant des fruits et la plante stérile, les fruits profltables et les vénéneux. Et tout cela, appris aux jeunes, constituait un enseignement, un rudiment de classifîcation et de spécification, anthropocentriques comme il convient, puisqu'aussi bien c'est une idée primitive que de se prendre pour le centre des choses.

Aussitôt que, par des sons divers, l'homme sut exprimer des sensations ou signaler des objets, les catégories dont nous avons parlé furent certainement traduites. Longtemps la science demeura à cette première étape qui consiste d'abord à faire une abstraction et à créer un symbole. Et si nous cherchons dans les plus vieux écrits, dans les poèmes sanscrits, les peintures ou les papyrus égyptiens, les textes bibliques ou homériques, ce qui est relatif aux animaux et aux plantes, nous ne trouvons, encore que des noms et l'indication des qualités par lesquelles les êtres désignés sont utiles comme aliments, remèdes, aide dans les travaux ou amusements.

Cependant, enhardi par la force qu'il retirait de ses vertus sociales, capable de se plier à des attaques ou des défenses en commun, poussé d'ailleurs par la disette des fruits qui résultait des grands rassemblements dans les cimes forestières, l*homme entreprit la chasse des autres animaux et fit entrer la chair dans sa nourriture. En même temps que chasseur, il devint zoologiste de la même façon qu'il avait d'abord été botaniste et par nécessité. Sorti des forôts, commençant l'exploration et la conquête des plaines et des rochers, il reconnut bien vite parmi les minéraux des qualités diverses et sut profiter de quelques-unes pour son usage. Le silex, taillé par éclats, lui fournit des armes dures et coupantes ; plus tard, divers porphyre^ susceptibles d'être polis furent recherchés et travaiU lés dans le même but. Vaniteux en outre comme tous les êtres sociaux, il recueillait pour sa parure

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