FONDEMENTS UTILITAIRES DE LA CONNAISSANCE
les gemmes brillantes, dures et colorées. Et la Bible déjà cite un grand nombre de celles-ci, où Ton reconnaît la sardoine, la topaze, Témeraude, les escarboucles rubis et grenat, le saphyr, le jaspe, l'agathe, Tamélhyste, Tonyx, etc.. Pendant fort longtemps, après que la découverte des minerais et les travaux de métallurgie eurent étendu le champ des connaissances, après que la recherche et la préparation des matériaux pour les grandes constructions de Chaldéo, d'Assyrie, d'Egypte et de Perse eurent accru les données sur les produits de la terre, il se flt peu à peu et par ces études préparatoires aux arts de larchitecte un noyau de faits sur lesquels la réflexion commença de s'exercer.
Au début, si l'on en juge par les premiers témoignages qui nous restent de l'intellectualité humaine, le réalisme utilitaire était à la fois Texcitation première et le but ultime. Les admirables figurations de l'époque quaternaire, dessinées à la pointe sur des poignées d'armes, sur la nacre des coquilles, ou peintes sur les parois des grottes et qui représentent des mammouths, des rennes, des races diverses de bœufs et de chevaux, nous montrent des faits d'une précision et d'une exactitude parfaitement surprenantes, mais ne nous laissent pas entrevoir les concepts rudimentaires qui en pouvaient déjà résulter dans l'esprit. La conclusion sMmpose tout de même que l'homme savait observer et abstraire pour établir son dessin avec une justesse qui nous confond ; bien des phénomènes naturels lui étaient sans doute exactement connus, en beaucoup plus grand nombre môme qu'on ne se le figure ordinairement, comme nous avons déjà tenté de l'établir et comme nous essaierons de le faire plus complètement encore en d'autres écrits.
Dans les civilisations ultérieures et beaucoup plus développées de l'Egypte et de la Grèce préhellène, les vivants, animaux et végétaux, furent incorporés dans
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des dogmes philosophiques et religieux qui ne peuvent à cette place nous occuper bien longuement.
Ce furent des pratiques religieuses cependant qui, par l'art de l'embaumeur, du sacriflcateur, de l'aruspice amenèrent la connaissance des organes internes et fournirent les premiers renseignements sur Tanatomie des animaux. Accomplis par des hommes réfléchis, avec un certain calme professionnel propice à rinvestigation, au souvenir, à la comparaison, ces rites étaient plus propres à la première édification du savoir que la h&te afl'amée du dépeçage par le chasseur. Ceux-ci toutefois, de même que les bouchers, n'avaient pas été sans remarquer bien des dispositions flxes.
Quelle foule anonyme avait déjà passé, vécu, regardé, réfléchi, appris, édifié une connaissance, faible sans doute, si on la compare à la nôtre, mais colossale si on l'oppose à rien du tout, quand, au début du v* siècle avant J.-C, apparut Alcméon de Crotone, le premier dont on ait retenu le nom, un des rares auteurs que cite Aristote et qui passe pour le créateur de l'anatomie. Sans nous laisser troubler par la préci* sion du premier nom qui sort de l'inconnu, gardons un souvenir religieux à l'imprécis amas d'ancèlrcs qui s'élevèrent au rang d'hommes.
Quelque merveilleuses que puissent nous sembler les rapides étapes de notre science contemporaine, n'oublions pas sur le seuil de l'histoire, et avant même de le franchir, que le plus formidable progrès était accompli déjà, et que tous ceux qui devaient suivre n'en furent, à tout prendre, que des perfectionnements pendant longtemps légers.