CHAPITRE V
La Discontinuité structurale. — L'Unité ceifulalre. — L'Atome biologique.
Sommaire. •— Conceptions arithmétiques do la vie et de la substance vivante. — Addition des unités. — L'atome biologique ; les germes préformés et emboités. — Les particules organiques do Buffon. •— La théorie cellulaire. — Les particules représentatives, les micelles de Nàgeli, les pangcnes de Darwin, les déterminants de Weismann.
Bornée par l'idée que les forces extérieures s'annulent dans les vivants, la méditation s'est eiïorcée de découvrir dans l'essence même de ceux-ci des propriétés spéciales, capables d'en faire ainsi le nœud des événements et le centre des choses. C'est au fond toujours la même hypothèse primordiale, ordinairement inconsciente, qui projette sur les phénomènes son même éclat trompeur. Après avoir réduit le continu en discontinu, introduit subjectivement les notions d'unités spécifiques, individuelles, organiques et conçu des déterminations nécessaires pour en justifier. Tesprit humain a voulu poursuivre une identique réduction sur la matière même qui constitue les êtres vivants.
Les découvertes du microscope montrant de semblables unités, comme un fait à tout le moins fré-
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quent, dans les cellules isolées n'a été qu'une justification à posteriori et une précision supplémentaire pour des théories antérieures toutes prêtes à fournir l'interprétation des nouvelles données. Elles allaient même bien au delà et ne se sont pas d'ailleurs arrêtées, poursuivant la recherche de l'unité jusqu'à l'atome biologique, spécial, distinct de l'atome matériel. Si l'excuse philosophique de cette dernière notion est qu'elle sert de fondement à toute la science humaine, il en est difTéremment de l'atome biologique dont l'utilité est seulement statique.
La décomposition de toutes les substances, y compris les vivantes, en éléments de la même nature qu'elles-mêmes, qui permet de reporter les qualités reconnues jusque sur les atomes et de traiter, grâce à leur expulsion dans l'invisible, les données sensorielles en concepts abstraits, fut déjà enseignée par Anaxagore. Né en lonie vers l'an 500 av. J.-C. et fixé à Athènes en 475, il distinguait autant de sortes d'éléments qu'il y a de substaor-es diverses, et, dans chaque sorte, des éléments en nombre infini. A l'origine, tous étaient confondus en un chaos ; et la séparation ou création fut l'œuvre d'un esprit (voue). C'est la pure statique qui repousse d'abord la qualité dans l'invisible, puis l'arrangement des qualités avant l'origine du temps, pour ne plus s'occuper que de l'équilibre actuel maintenu de soi-même. Car, pour Anaxagore, la vie, la nutrition, la croissance n'ont aucune difficullé; il n'y a pas même assimilation ou élaboration du non vivant ) par le vivant : l'atome de chair préexistant dans le monde va tout simplement s'adjoindre à ceux qui sont déjà groupés dans l'être. C'est l'addition des unités et nous allons voir au reste que les théories de celte sorte ont toujours en tâtonnant cherché une conception arithmétique de la vie.
C'est par une réduction du môme ordre quoique mctaphysiquement moins radicale que Galien, fixé à