‹ Nature et sciences naturellesChapitre 30 sur 77 · LA NOTION DE TEMPS DANS LUISTOIRC DE LA TERRE · texte numérisé non relu

LA NOTION DE TEMPS DANS LUISTOIRC DE LA TERRE

qui était une satisfaction à son amour du discontinu.

Les grandes époques qu'il distingue sont celles des terrains primaires dans lesquels on ne trouve aucune vie, des terrains de transition où Ton voit apparaître îles mollusques et les poissons, des terrains secondaires où vivaient les grands reptiles comme Tichthyosaure et le plésiosaure, des terrains crétacés caractérisés par les sauriens et les tortues marines, comme celles de la craie de Maêstricht, enfin celle des terrains tertiaires, dans lesquels il distingue plusieurs zones : au-dessous du calcaire grossier, celle où Ton rencontre des mammifères marins, lamantins et phoques, immédiatement au-dessus du calcaire grossier, les couches à paléotherium et à anaplotherium, au-dessus les gisements à mastodontes, rhinocéros et hippopotames, et, au-dessus encore, les dépôts renfermant des espèces plus voisines des nôtres.

La présence des fossiles en étages distincts aurait pu suggérer à Cuvier l'idée d'apparitions successives, mais il croit à une seule création de la vie et s'explique de la façon suivante la superposition des formes. Admettant comme Werner que les mers anciennes étaient larges et uniformes, il montre que les plus récentes sont plus étroites et diverses en leurs bassins, et qu^à mesure de la spécialisation des milieux les faunes se spécialisent aussi, chacune cherchant et trouvant ses conditions d*existencc. « On comprend « qu'au milieu de telles variations dans la nature du « liquide, les animaux qu'il nourrissait ne pouvaient « demeurer les mômes, leurs espèces, leurs genres « même changeaient avec les couches (1) » qui devaient se déposer; et cela sûrement ne veut pas dire se transformaient les unes dans les autres, mais que certaines

i. Cuvier. Discours sur les révolutions du globe. 1ST7, p. 9.

demeuraient, que d'autres disparaissaient là pour aller vivre autre part et revenir quand les circonstances s'y prêtaient de nouveau. Que seraient autrement ses « retours d'espèces »? Et s'il y a eu dans la nature animale, c'est-à-dire dans l'ensemble des faunes et non dans les espèces, « une succession de variations « qui ont été occasionnées par celles du liquide dans « lequel les animaux vivaient, ou qui du moins leur « ont correspondu » et qui plus manifestement encore pouvaient se produire dans les faunes terrestres plus mobiles, il n'en faut pas induire que Cuvier soit hanté par des idées évolutionnistes. Les variations dont il parle ont conduit les classes d'animaux à leur état actuel, mais voici comment :

La forme actuelle des continents est toute récente. Antérieurement ont eu lieu des submersions et des émersions subites et très larges, mais pas universelles, et c*est la condition qui permit aux animaux d'émigrer des parties qui s'immergeaient à celles qui émergeaient. Pour préciser par un exemple, Cuvier suppose (i) « qu'une grande irruption de la mer couvre « d'un amas de sables ou d'autres débris le continent M de la Nouvelle-Hollande : elle y enfouira les cadavres « des kangourous, des phascolomes, des dasyures, des te péramèles, des phalangers volants, des échidnés et M des ornithorinques, et elle détruira entièrement les « espèces de tous ces genres, puisqu'aucun d'eux « n*existe maintenant en d'autres pays.

« Que cette même révolution mette à sec les petits « détroits multipliés qui séparent la NouVelle-Hol- « lande du continent de l'Asie, elle ouvrira un chemin te aux éléphants, aux rhinocéros, aux buffles, aux « chevaux, aux chameaux, aux tigres et à tous les M autres quadrupèdes asiatiques, qui viendront peu** « pler une terre où ils auront été auparavant inconnus.

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