CHAPITRE V DlfTérenclatlon cellulaire
Sommaire. — Le développement embryonnaire est un changement de l'homogène en hétérogène. — La différenciation critérium du perfectionnement. — Organisation et division du travail.
L'épigenèse ayant amené à concevoir les changements de forme par adjonction de parties nouvelles s*adapta très bien à la théorie cellulaire dès que fut formulée celle-ci. L*édiûcation d*un être vivant se trouvait iu^xinsèquement réglée par deux phénomènes fondamentaux : 1* la multiplication des cellules; 2* la diversité dcs aspects auxquels pouvaient atteindre celies-ci en partant toutes de la même forme banale sphénque ou ellipsoïdale.
La croissanoe est donc accompagnée de différenciation. Un développement ontogénique se montre comme un cas particulier du phénomène général signalé par Herbert Spencer sur le changement de l'homogène en hétérogène, vision si complètement opposée à celle de Weismann qu^clle en est le contraire : puisque pour celui-ci la cellule œuf hétérogène produit par ses divisions répétées des groupes cellulaires de plus en plus homogènes chacun. Le thème de la différenciation est d*ailieurs plus adéquat
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aux faits visibles, car, dans la réalité, on peut suivre sur divers embryons la complication progressive depuis la cellule banale jusqu'à l'élément si compliqué et si caractérisé qu'est par exemple une des cellules nerveuses, telles que nous ont appris à les connaître les patients travaux de ces vingt dernières années accomplis par tant d'histologistes de valeur, parmi lesquels il convient de citer Golgi, R. y Cajal, lletzius, etc.
La différenciation faistogénique est presque la seule loi qui serve de fondement à Tanatomie botanique. Ebauchée d^abord par les travaux de Malpighi et de Grew vers 1671, elle ne fut reprise avec suite que par Brisscau de Mirbel (1776-1854). Celui-ci d'abord professeur à l'Université de Paris, puis au Muséum, eut un très grand rôle scientifique, bien que ses idées aient été vivement contestées et discutées par les savants étrangers, surtout en Allemagne. Dans ce pays, Hugo Mohl fut, vers 1830, parmi les représentants les plus autorisés de cette partie de la science. Ses travaux élucidèrent singulièrement la question de savoir d'une façon rigoureuse comment, par simple disparition du protoplasme, c'est-à-dire par la mort élémentaire, dérivent de la cellule prototypique les éléments compliqués de la plante tels, par exemple, que les vaisseaux du bois. De nombreux savants s'occupèrent de ces études avec un certain éclat, entre autres Nfigeli qui chercha à connaître les conditions de la vie intime par la structure des éléments. La France, après Mirbel, exception faite pour les travaux de A. Chatin, parut se désintéresser complètement de l'anatomie botanique; celle-ci n'y fut remise en honneur que par van Ticghem, dont les premiers mémoires, en 1867, furent suivis par beaucoup d'autres et suscitèrent ceux de toute une école. Van Tieghem eut la préoccupation de chercher des lois d'ensemble sur l'agrégation des tissus et d'élever
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à des considérations de morphologie l'anaiomie botanique un peu perdue jusque-là dans le détail histolo-. gique.
La morphologie animale plus complexe suit la différenciation dans les tissus et dans les organes ; et à ces divers sujets II. Milue-Edwards arrive, en 1827 et 1834, à exprimer sa célèbre loi de la complication organique. Le critérium de la perfeclion des formes esl pour lui non pas tant le nombre et la masse des cellules que les qualités diverses grAce aux<|uelles elles concourent à un but unique en se divisant le travail. Celte conception, qui rapproche pop^ la première fois les sciences biologiques et les sciences sociologiques, introduit dans les unes et dans les autres une seule manière de juger et de comparer; elle associe, d'ailleurs heureusement, dans une même formule les conceptions de différenciation morphologique et de division du travail physiologique. £lle ne s*applique pas seulement à la dillérenciation cellulaire mais encore à la diversité et au nombre des organes, à la variété qui se produit entre les régions primitivement semblables d'un être segmenté C entre les régions diversement fonctionnelles d'un mémo cormus chez les animaux inférieurs. Par celle voie et par la façon dont elle facilite à tout instant les comparaisons et les métaphores sociologiques, elle dispose à concevoir les parties différentes, quoique continues, d*un animal unique dans les mêmes rapports qu*ont entre elles les personnes, diverses aussi mais contigués et vraiment assemblées, qui constituent les société<i humaines. Elle prépare 1«^ diemm aux conceptions coloniales ou polyzoïques des oircs compliqués qui ont eu leur heure de célébrité.