‹ Nature et sciences naturellesChapitre 38 sur 77 · HISTOIRE EXPLIQUÉE DE LA TERRE · texte numérisé non relu

HISTOIRE EXPLIQUÉE DE LA TERRE

que Ton peut coordonner avec les notions de cause cl d^elTct sans tenir un compte suffisant du temps.

L'anatomiste Sténon s'est montré beaucoup meilleur dynamiste et, bien que cardinal, mieux dégagé de ridée préconçue d'un seul déluge universel. Dans un mémoire publié à Florence en 1669, il établit les principes suivants : 1* quand un corps solide est enveloppé par un autre, Tenveloppé est le plus ancien, donc le fossile est plus vieux que la roche ; 2*^ les terrains stratifiés, étant tout à fait analogues aux dépôts laissés par les eaux troubles, ont la même origine; 3^ les coquilles fossiles et les restes de plantes peuvent servir à distinguer des dépôts marins et des dépôts d*eau douce ; 4** les couches stratifiées ont été, à leur origine, horizontales et si, sur les flancs des montagnes, on les voit suivre Tinclinaison de ceux-ci, il faut conclure à un soulèvement postérieur au dépôt, soulèvement ayant eu pour contrepartie des affaissements en d'autres lieux et des fractures. Ces considérations excellentes ont été la véritable base de la géologie et même aujourd'hui on y peut ajouter quelque chose, mais on n'en retranche rien.

La question d'origine pour la terre en tant que planète fut soulevée la première fois par Leibniz, appliquant le système de Copernic pour trouver à Texistence de notre globe, en dehors de lui-même, une cause qui fût un cas particulier de phénomènes plus généraux. Il exposa en 16U3 que la. terre a d'abord été un astre vif comme est encore le soleil et qu'il s'est dans la suite éteint. L'idée était d'ailleurs empruntée à Descartes, lequel avait déjà pensé que le feu central, conservé de cette origine, était par son action sur la surface solidifiée la cause des principales inégalités de celle-ci. Leibniz ou voit une preuve dans l'abondance ries roches à l'aspect vitreux. Les eaux, projetées à l'état de vapeurs atmosphériques, se sont ensuite

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condensées, et, délayant la couche cristalline, elles Font remaniée, retenant en solution ce qui pouvait se dissoudre et ce qu'elles en conservent encore est l'explication de la salure des mers. Les eaux remplirent les creux, puis les craquements et les soulèvements les déplacèrent et leur firent abandonner en divers lieux les restes des vivants qu'ell<ss contenaient. Cette théorie déjâi intéressante s'appuie, contre Topinion contemporaine générale, sur ce que les fossiles ne sont pas des jeux de la nature.

L'origine ignée admise pour la première fois fut conservée par certains des géologues ultérieurs qui en prirent le nom de plutonicns; d'autres, les neptu niens^ ne voyaient rien avant l'eau qui était pour eux l'élément premier et dans les propriétés duquel résidaient toutes les causes. Un des plus exclusifs partisans de cette interprétation fut Frédéric Guillaume Gleichen Russwurm. Né à Beyrouth d'une famille allemande en 1717 et mort en 1783, il est connu d'autre part pour ses observations micrographiques sur les organes générateurs des plantes et sur les infusoires. Pour lui, l'origine de toutes choses, aussi bien des vivants que de tous les objets solides indistinctement et de la terre elle-même, est Teau. II existait d'abord un globe aqueux à la surface duquel les rayons solaires organisèrent des infusoires. Après leur mort, la substance de ces animaux produisit la terre élémentaire, le fin limon, qui permit à des animaux plus complexes de s'organiser. Les substances solides se trouvèrent refoulées et agglomérées à la surface par la rotation de la terre, la masse flottante fermenta, ce qui fut l'origine de la chaleur. Les animaux marins continuent à l'heure actuelle de solidifier l'eau ; il arrivera un moment où il n'y aura plus une goutte de ce liquide et ce sera alors la fin du monde par fusion ignée. Cette thèse est surtout curieuse parce qu'elle place l'origine première dans

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