HISTOIRE EXPLIQUÉE DE LA TERRE 15D
la vie et pense expliquer par elle le monde minéral et physique, ce qui n'a plus à Fheure actuelle qu'un intérêt paradoxal.
BufTon, bien qu'il crût encore les fossiles identiques aux espèces actuelles, fut poussé par son génie dynamique à chercher aux apparences de la croûte terrestre une explication en dehors de leurs qualités mômes. En ses écrits on voit poindre déjà la théorie dite des phénomènes actuels, à laquelle Lyell a mis la dernière main. La surface de la terre a été longtemps un fond de mer « dans laquelle, dit-il, tout se pas- « sait comme tout se passe actuellement dans la mer « d'aujourd'hui ». Il ne croit pas à un seul déluge momentané « puisqu'on trouve en plusieurs endroits « des bancs de coquilles si prodigieux et si étendus « qu'il n'est pas possible qu'une aussi grande mul- « titude d'animaux ait été tout à la fois vivante « en même temps. » C'est lui qui fonda vraiment la géologie en distinguant dans la vie de la terre des époques séparées non par des révolutions mais par le seul fait d'évolution et de refroidissement progressif.
De l'écrasement polaire et de la chaleur centrale persistante, Buiïon conclut à la liquidité primitive de notre planète et à sa liquéfaction par fusion, vu la trop faible quantité d'eau pour tout dissoudre et Tinsolubilité ordinaire des minéraux actuels. Il distingue les uns des autres plusieurs stades successiis :
1* La terre a été détachée du soleil par le choc d'une comète, et ceci est peut-être une précision lâcheuse; puis, par la rotation, elle prit une forme sphéroîdale; le refroidissement y produisit une croûte superficielle tandis que l'intérieur demeurait liquide ot que des gaz chargés de vapeur d'eau lui faisaient une atmosphère;
2^ Le premier refroidissement de la masse en fusion produisit les roches d'aspect vitreux et cris-
taliin ; à mesure que se figeait récorce apparaissaient des rides, des creux et des bosses, origine première des montagnes et des vallées. Puis les vapeurs atmosphériques, moins chauffées par la masse en fusion dont les séparait l'écran cortical, se précipitèrent sous forme liquide, désagrégèrent les roches déjà formées et produisirent le dépôt des grès, des calcaires, des argiles ;
3^ La mer, montant de 9 à 12 000 pieds plus haut que maintenant, abandonna sur le sol en formation les débris des animaux qui avaient pris naissance dans son sein ;
4" Cependant, par des craquelures dans Técorce, une partie des eaux fuyait dans la profondeur pour être prise dans des combinaisons diverses ou volatilisée et, par celte diminution, se réalisait une baisse qui faisait émerger des parties nouvelles. Les végétaux envahirent ces territoires, puis, pourrissant sur place, entraînés par les eaux courantes au fond des golfes, produisirent çà et là des amas de détritus ou de terreau que nous retrouvons aujourd'hui sous forme de charbon. « Nom assez impropre, parce « qu'il parait supposer que cette matière végétale a « été attaquée et cuite par le leu, tandis qu'elle n'a (i subi qu'un plus ou moins grand degré de décom- « position par l'humidité. » C'est la première fois que Ton voit émettre l'idée d'une formation aqueuse pour la houille supposée jusque-là ignée;
ô"" On vit alors à la surface du globe les grands pachydermes : éléphants, rhinocéros, hippopotames, qui s'étendaient vers le septentrion beaucoup plus loin que maintenant;
6* L'ancien continent et l'Amérique furent séparés l'un de Tautre; l'identité d'un grand nombre de leurs mammifères fait penser que d'abord ils étaient réunis ;
7* Enfin l'homme apparut apportant par sou indus