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ACTIONS DD MILIEU SUR LA FORME DES VIVANTS 1G

que la température apporte, plus encore dans Teau peu profonde du bord que dans celle du large, et dans les nécessités d*une respiration agrandie le mécanisme qui a poussé sur la terre les êtres des rivages. Pour les têtards, Tair de l'eau leur suffit jusqu'à 23*. D'autre part, en les obligeant à respirer seulement par leurs branchies, il suffit pour cela de les maintenir au fond de Teau, on retarde et même on empêche leur métamorphose. Les changements de forme qui semblent les mieux réglés sont de la sorte accessibles à des modifications dues aux agents extérieurs.

Depuis lors, on a mille fois démontré que les qualités du milieu extérieur sont susceptibles de modifier profondément, quand elles varient, les êtres vivants qui s*y trouvent placés. Pour les végétaux inférieur-*-, bactéries et champignons, l'action du milieu est manifeste elles cond. tiens dans lesquelles sont faites les cultures amènent des changements, de propriétés si caractérisés que c'est le fondement même des grandes méthodes de la vaccination et de la sérothérapie. Et non seulement les manifestations vitales des êtres sont modifiées, mais encore leurs formes. Nous ne pouvons insister sur les multiples transformations de cette sorte, ce qui serait beaucoup trop technique ; indiquons seulement qu'elles dépendent de toutes les conditions extérieures, chimiques aussi bien que physiques, et même mécaniques telles que le repos ou l'agitation des cultures, comme l'ont montré les études de J. Ray en 1897.

Les végétaux supérieurs subissent également de très profondes modifications dans leur forme et dans leur structure, quand viennent à changer les circonstances de leur habitat. C'est ainsi qu'en 1883, J. Costantin a prouvé que les différences de structure entre les tiges aériennes et les tiges souterraines tiennent à l'enfouissement de celles-ci et que les carac-

tères acquis de cette façon tendent vers ceux que possèdent ordinairement les racines. Le même auteur a reconnu, en 1885, Tinfluence du milieu sur la racine elle-même et, en 1886, TelTet de l'immersion prolongée sur les feuilles qui amène dans la structure des qualités comparables à celles que présentent les feuilles des plantes toujours aquatiques. D\autres résultats ont été par la suite atteints et P. Lcsage, en 1890, analysant l'action de l'arrosage avec des solutions salées, a fait comprendre par ses recherches la structure si particulière des plantes accoutumées à vivre sur les bords de la mer. Gaston Bonnier est parvenu à reproduire tous les caractères extérieurs et profonds des plantes alpestres en soumettant, à son laboratoire de Fontainebleau, des plantes recueillies dans la forêt à l'alternance du réchauffement par le soleil et du refroidissement nocturne dans une caisse à glace.

Ces actions si nettes pour les végétaux sont moins faciles à reproduire expérimentalement et rapidement sur les animaux; l'on possède tout de même quelques données de cette nature sur lesquelles du reste nous aurons à revenir. Mais, rien qu'en considérant l'ensemble d'une faune placée dans des conditions que l'on peut définir, on remarque chez tous les animaux qui la composent des caractères communs manifestement en rapport avec les conditions communes de leur vie. C'est ainsi que l'on distingue des faunes côtières dont tous les animaux, poissons, mollusques, crustacés, etc., également soumis au brutal ressac des vagues qui viennent battre le bord, sont munis de coquilles ou d'écaillés épaisses, sont capables d'adhérer si fortement aux supports qu'ils rencontrent qu'on ne les en peut détacher sans effort. Dans les eaux du large au contraire, où la vague plus longue est aussi moins violente, les nageurs ou les flotteurs de haute mer sont des animaux sveltcs, légers, mous,

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