ACTIONS DU MILIEU SUR LA FORME DES VIVANTS
souvent transparents. La faune abyssale a d'autres caractères qui lui sont propres; et, par ces considérations, Tesprit se familiarise avec l'idée que des circonstances extérieures communes ont amené peu à peu sur des formes animales diverses des caractères communs qui les font se ressembler entre elles, nivelant en quelque sorte les qualités profondes qu'une analyse minutieuse permet de discerner.
D'autres conditions plus précises laissent mieux catégoriser encore les effets qui leur sont subordonnés. Tous les animaux fixés, quelle que soit la classe ou même Tembranchemcnt zoologique auquel ils appartiennent, acquièrent une allure commune, des ressemblances frappantes, dont la plus générale est le développement d'appendices : palpes, cirres, tentacules, bras, disposés en couronne autour de la bouche ; les organes locomoteurs s'atrophient ou disparaissent ainsi que les organes des sens, et le système nerveux se réduit extrêmement. La plupart de ces animaux croissent en bourgeonnant à la façon des plantes dont ils partagent Timmobilité.
Les parasites aussi, suivant les degrés divers de leur genre de vie si spécial, acquièrent des caractères communs d'autant plus accusés que le parasitisme est plus profond : caractères qui font se ressembler d'une façon prodigieuse les plus déformés de ces êtres et qui rendraient entre eux toute distinction impossible, s'ils ne se séparaient encore par les étapes de leur vie embryologique libre quand elle précède le parasitisme. Tour ceux qui n'ont aucune époque de vie libre et non parasitaire on est incapable de leur assigner avec quelque certitude une place assurée dans les classifications de la zoologie.
De ces faits innombrables ressort avec évidence, alors même qu'une plus grande précision est souhaitable et pourra par une technique plus avancée être acquise, que la forme des animaux est en rapport
étroit avec leur ambiance, avec les attitudes qu'ils sont forcés d*y prendre, avec la nutrition ou les intoxications qu'ils en reçoivent.
Si, comme nous venons de le dire, les parasites éprouvent des modifications profondes, les hôtes parasités sout également transformés de façons variées. C'est parfois une transformation passagère analogue à celle qui constitue les divers états maladifs et qui n*cst point tout de môme sans retentissement sur le poids, ou, en se prolongeant, sur la taille ou même sur la forme qu'elle change de façon légère ou accentuée. Les phénomènes que Giard a décrits, de 1869 à 1889, sous le nom de castration parasitaire nous apprennent en eiïet que, sous l'influence du parasite qu'il porte, un animal peut perdre sa fécondité et présenter alors des caractères qui le rapprochent du sexe opposé.
D'autres modifications sont moins accidentelles ou, si Ton veut, plus normales, en ce sens qu'elles surviennent sur tous les individus d'une race, d'une espèce, d'un ordre entier et forment comme un de leurs caractères les plus constants, l'un de ceux même que l'on invoque pour les classifications. Tout le monde connaît les gales ou céeidies que pro* duisent des insectes, des champignons ou des parasites quelconques sur les feuilles, sur les tiges, sur les racines ou sur les fleurs des plantes. Ces productions gardent bien encore leur caractère accidentel par le fait qu'elles n'atteignent qu'un petit nombre d'individus infestés dans une espèce donnée et leur faible fréquence est la raison objective qui leur vaut le nom de maladie.
L'action du parasite sur l'être qui le porte peut être très importante et tout récemment (mars 1903) Molliard a montré que des champignons ascomycètcs du genre Ascobolus, cultivés à partir de la spore et donnant d'ordinaire avec de rares fructiflcations leur mycélium seulement, c'est-à-dire un appareil aualoc2;ue