‹ Nature et sciences naturellesChapitre 47 sur 77 · ACTIONS DU MILIEU SUR LK FORMB DES VIVANTS · texte numérisé non relu

ACTIONS DU MILIEU SUR LK FORMB DES VIVANTS

à la mousse des moisissures banalement connue, se meltent à produire en abondance des fructiOcations quand on les infeste par une certaine bactérie. Est-ce ce mode-là ou un autre qui dans la nature détermine la rareté ou la fréquence des fructifications? Nous ne le savons pas encore; mais nous savons que des familles entières comme les légumineuses sont régulièrement infestées par des bactéries qui produisent sur leurs racines de petites nodosités, sous Tinfluence desquelles la plante fixe beaucoup plus énergiquement Tazote. C'est une infestation à la fois générale ou normale et bienfaisante.

En 1902, Noël Bernard a montré que les tubercules de certaines plantes et notamment ceux de la pomme de terre, si intéressants pour nous, sont aussi le résultat d'une réaction de la plante à un champignon du genre fusarium. C'est pour cela que, lorsqu'on importa la culture de la pomme de terre en Europe, les plantes semées par graines dans le sol vierge de leurs champignons ne produisaient point de tubercules et c'est ainsi que la pratique s'est établie et traditionnellement conservée de propager les pommes de terre à l'aide de fragments du tubercule qui porte avec lui rinfcction. Voilà donc un caractère de forme qui, s'il n'était aussi général, serait appelé une maladie et qui d'ailleurs n'est pas indispensable à l'espèce. Un plant de pomme de terre peut très bien croître et ne point donner de tubercules; et j'en ai fait moi-même autrefois la décevante expérience dans les plaines de la Susiane. Dans d'autres familles, comme celle des orchidées, l'infestation parasitaire, d'abord accidentelle, puis fréquente, est devenue à ce point nécessaire que pas une graine d'orchidée ne germe si Ton n'infeste nu préalable le sol par le tusarium dont clic a besoin. C'est une généralisation imprévue, et qui sans doute s'éten<lra beaucoup, de l'alliage étroit pour ioruicr les licUcus d'une algue avec un cliampi-

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gnon tout à fait incapable de vivre sans celle-là. Ceei nous montre de quelle façon complexe doit être envisagé le milieu par rapport à un être donné et quelle fonction compliquée et diverse est la causalité biologique qu*il s'agit d'établir pas à pas.

De tout ce qui précède il convient de conclure que, pour quelques qualités et dans quelques cas, les raisons de la forme peuvent être trouvées dans le milieu. En résulte-t-il qu'il en doive être ainsi pour toutes les qualités et dans tous les cas? Les multiples combinaisons do tissus et d'organes qui édifient les formes animales ont-elles été déterminées par des actions étrangères aux vivants eux-mêmes, ceux-ci n'ayant fait que de les subir et d'y réagir?

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