‹ Nature et sciences naturellesChapitre 5 sur 77 · Analomia omnium humant corpori* inieriarum membrorum · texte numérisé non relu

Analomia omnium humant corpori* inieriarum membrorum

Son orthodoxie élait au reste suspecte et Montaigne (1) dut présenter sa défense.

Avant même que les Turcs n'eussent pris Constantinople (1453), leur approche avait mis en fuite beaucoup de Grecs d'Ionie et des iles. Ils rapportèrent avec eux les œuvres d'Aristote qui, depuis près de deux siècles, n'avaient pour unique source que le commentaire d'Avicenne. Le premier texte grec parut en 1427, mais peu de savants occidentaux étaient capables de le lire ; une traduction latine en fut donnée par Théodore de Gaza, que les Turcs avaient chassé de Salonique, en 1420. Sur ces entrefaites, Gutenberg et Fust avaient commencé d'imprimer (1450) et la merveilleuse découverte, émancipatrice de l'esprit, eut tout de suite son retentissement sur nos sciences. La traduction latine d'Aristote fut imprimée à Venise en 1476 et, en vingt-cinq ans, cinq éditions disparurent dans la foule altérée de savoir.

D'extraordinaires émotions agitaient tous les peuples : les Portugais faisaient leurs grands voyages, Colomb découvrait l'Amérique (1492), et si ces expéditions, qu'engendraient la soif de l'or et le désir de posséder, ne fournirent pas tout de suite à ia science des matériaux nouveaux pour les mettre en œuvre, du moins amenèrent-elles dans les esprits une excitation sans pareille.

Les hommes cultivés tentaient de se grouper en des réunions où s'échangeaient les connaissances et se discutaient les idées : les Académies s'essayaient à vivre. A Florence, Cosme de Médicis appelait Académie platonicienne son cercle d'artistes et de savants. Vittorino de Feltre fondait en 1520 l'Académie des sciences de Padoue ; mais elle n'eut pas une longue durée et fut fermée par ordre des papes, ainsi que l'Académie Pontani, à Naples*

Page 1