Essais^ liv. II, chap. XIL
dVrISTOTE a LINNÉ 29
Le prussien Copernic édifie son syslème du monde; on voit avec lui toutes les planètes tourner autour du soleil et la terre elle-même, perdant sa traditionnelle immobilité au centre du Cosmos, animée du double mouvement de translation et de rotation. Par déférence pour TÉglise, qui prétend toujours à l'hégémonie sur la pensée, Copernic dédie son livre au pape Paul m ; mais, méfiant tout de même, il ne publie ses idées qu'à la fin de sa vie et ne reçoit son livre (1) imprimé que le jour de sa mort. La première édition en fut presque entièrement détruite par ordre de rinquisilion.
Le vvurlembergeois Kepler consolida le syslème par ses importantes découvertes et l'italien Galilée le professa avec éclat. Inquiété par Tlnquisition et cilé à son tribunal, en 1615 et 1633, il fut obligé d'abjurer et jeté eu prison; inutile entrave qui ne pouvait plus arrêter Télan de la marche hardie vers les découvertes.
Des idées fécondes surgissaient de partout. Léonard de Vinci (1452-1518) et Bernard de Palissy (1510- 1590) affirmèrent que les fossiles sont des restes animaux. C'était le germe d'une science nouvelle qui ne devait évoluer qu'après un siècle d'attente.
Les naturalistes eux-mêmes ne se contentent plus de répéter Aristote, Tobservalion personnelle joue son rôle dans les catalogues qu'ils dressent des animaux, des plantes et des minéraux. La gravure qui naît et se développe fournit un mode nouveau de représentation ajouté aux descriptions verbales. C'est répoque des travaux de Wotlon, Gesner, Rondelet, Aldrovande, Harvey, etc., dont nous analyserons plus loin la méthode et la portée.
Des collections se constituent, indispensable progrès pour que chacun puisse prendre par lui-même