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LE PROBLÈME DE L*INDIVIDUALITÉ

confluents. On ne le dit pas parce qu'on se règle sur Tunité de forme. C'est là toute la définition, il est inutile de parler de générations alternantes.

La théorie des colonies animales d'autre part au lieu de croire les individus nés d'un œuf susceptibles d'être décomposés en zoïtes les traite en composés de zoïtes. Or le zoïte est, ainsi que nous l'avons dit, l'unité de forme dans l'espèce et cela seulement. On y associe comme nécessairement connexe l'idée de vie indépendante parce que celle-ci est ordinairement réalisée sous l'unité de forme, c'est-à dire que l'on glisse une règle de fréquence, une loi statique, dans un ensemble de phénomènes étudiés cinématiquement. On construit l'individualité en ajoutant avec l'esprit les caractères qui manquent dans les faits eux-mêmes. Après cela on oppose la nécessité subjectivement introduite aux réalités de vie indépendante ou confondue, on en retire l'idée de conscience tantôt isolée, tantôt subordonnée dans une autre d'ordre plus composite.

La théorie applique en outre aux phénomènes ainsi interprétés l'explication queDugès avait déjà proposée pour les êtres linéairement segmentés. Ces derniers en effet étant formés par la répétition de parties semblables auxquelles Hœckel a donné le nom de metamères, on veut voir en ceux-ci, dans l'unité de la forme totale, des unités inférieures de forme, comparables entre elles, et, comme la forme est le seul fondement objectii qui définit le zoîte, on assimile le métamère et le zoïte. Le zoïte étant parfois un individu véritable, on a d'abord appelé individus tous les zoïtes et l'on attribue maintenant le même nom aux métamères. C'est une extension que rien no légitime; le passage do l'ordinaire au nécessaire était déjà rortcmcnt hypothétique, mais si l'on fait entrer dans le môme compte les métamères et les zoïtes, l'individualité complète n*est plus vraie qu'un nombre de fois très petit par

rapport au nombre tolal des cas. L*exceptioD dicte alors la nécessité.

A la rigueur, cela pourrait être vrai ; mais plus la conclusion est inattendue et plus il convient de l'établir solidement. Pour employer le mot de colonie, pour justifîer celui d'association, pour légitimer les comparaisons avec les sociétés, une preuve formelle est exigible. Il faut pouvoir citer, ne fût-ce qu'un seul cas, où des zoTtes d'abord séparés se rassemblent, où des métamères indépendants viennent confluer. On ne le peut pas. Cela n'a jamais été vu et la critique porte aussi bien d'ailleurs sur le prétendu rassemblement d'unités cellulaires afin de constituer les corps vivants. Le processus général est la division, la fragmentation poussée plus ou moins loin : toutes notions contraires à l'idée précédente. La métamérisation est un processus très ordinaire et très important dans la complication de la forme et nous avons essayé d'en interpréter dilTôremnicnt la siguillca* tion (1).

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