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LA PHÉFORMATIOX, LA PRÉDESTINATION, ETC

Driesch, en 1893 et 1893, conduisit jusqu'à la forme, déjà compliquée, de larves plu tous des embryons d*oursins obtenus avec un, deux ou trois blastomères du stade 4. Enfin Morgan, en 1893, produisit un embryon complet de poisson avec un seul blastomôre du slade 2, c'est-à-dire avec la moitié de Tœuf.

Mais Ton a, dans cette voie, obtenu mieux encore. En 1887, 0. et R. Hertwig avaient remarqué que des spermatozoïdes introduits dans des fragments d'œuf? d'oursins privés de leur noyau opéraient la fécondation et faisaient commencer le développement. On met dans un tube des œufs d'oursins avec un peu d'eau de mer; en agitant on fragmente les œufs en morceaux, certains des fragments conservent le noyau, d'autres en sont dépourvus et c'est la segmentation et le développement de ces fragments qui est en question.

En 1895, Boveri reprit ces expériences et conduisit l'évolution jusqu'au stade pluteus. On ne considère même plus dans ces cas un quantième déterminé de l'œuf, mais bien une portion quelconque, qui même, étant privée de noyau, ne contient sûrement pas sa part de toutes les substances de l'œuf. La notion d'épigenèse est donc remise à flot par ces expériences multiples et variées.

Cependant les préformistes ne renoncent pas à revenir à la charge par une autre voie. Les idées de A. Gautier et de Le Dantec sur la spécificité chimique des êtres sont un nouvel avatar de Tancienne thèse de préformation devenue prédétermination. Ces auteurs ne cherchent plus un substratum morphologique pour y fonder le concept d'espèce, tenu pour une réalité, ils appuient celui-ci simplement sur la composition chimique de la substance vivante, d'après eux expressément définie pour chaque cas, et contenant en elle, en raison seulement de cette caractéristique, toute la forme à venir. La nécessité des phénomènes

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est toujours située dars l'être lui-môme et dans ses propriétés seules en faisant, quoi qu'on en dise, abstraction de son dynamisme qui devient un ensemble de simples gestes physico-chimiques.

' La même façon de construire les idées empêche aussi de concevoir la conscience comme susceptible d'être intégralement créée, épigénétiquement produite par le fait exclusif des arrangements nouveaux et des complications survenues et pousse à la fragmenter en partie^ atomiques pour attribuer un atome de conscience à chaque atome de matière. L'atomisme est du reste, comme nous l'avons montré déjà, le signe qui permet de reconnaître tous les édiflccs statiques, lis flnissent toujours par en être couronnés quels quQ soient les autres ornements dont on ait pu décorer leur façade en cours de construction.

La question de préformation et d'épigenèse est encore celle qui se débat sous le couvert des discussions relatives à la personnalité des anses chromatiques au cours des divisions cellulaires, au cours de celles en particulier qui coexistent avec la maturation des éléments génitaux et que l'on désigne encore, en raison d'autres apparences associées, sous le nom d'expulsion des globules polaires ou de réduction chromatique. Nous parlerons plus utilement de ces phénomènes en indiquant les travaux tout récents sur la fécondation.

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