Il est faux que le premier homme ait pu être
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NATURE ET SUUNATUREL
créé et formé sans la justice naturelle (entendez on" fjinelle).
A l'occasion, elle a frappé les mêmes erreurs chez les jansénistes. Ainsi Clément XI, dans la fameuse bulle Unigenitus, parmi les propositions de Quesnel, condamnait celle-ci :
35. La grâce d'Adam est la suite de la création, elle était due à la nature saine et intègre.
Pie YI, dans la bulle Aiidorein fidei, a rappelé et renouvelé ces condamnations contre les jansénistes de Pistoie :
lO. La doctrine du Synode, sur l'état d'heureuse innocence (avec l'intégrité et la justice intérieure) en tant que dans son ensemble elle in.«inue que cet état était la suite de la création, dû à l'homme et exigé par sa nature et sa condition d'homme, et non un bienfait gratuit de Dieu : fausse, condamnée autrefois dans Baius et Quesnel, erronée, favorable à l'hérésie pélagiennc.
17. La pi'oposilion ainsi énoncée : Inslnnls par VApôlre, nous regardons la mort non pas comme In condilion naturelle de l'homme, mais comme la juste peine du péché originel; en tant qu'elle se couvre insidieusement du nom de l'Apôtre pour insinuer que la mort, qui dans l'état présent est infligée comme la juste peine du péché par le juste retrait de l'immortalité, n'était pas la condition naturelle de l'homme.
CHAP. III. L ELEVATION PRIMITIVE lOQ
comme si l'immortalité n'avait pas été un bienfait gratuit, mais la condition naturelle : captieuse, téméraire, injurieuse à l'Apôtre, déjà condamnée.
Voilà donc qui est acquis : destinée surnaturelle, grâce sanctifiante, exemption de la mort et de la douleur, intégrité ou exemption de la convoitise, tous les privilèges de l'état primitif, autant de dons gratuits surajoutés par pure libéralité aux dons naturels ; la nature, même innocente, n'y avait aucun droit, Dieu pouvait créer l'homme sans cela.
Le Concile du Vatican se proposait de définir solennellement cette doctrine, et trois canons étaient préparés à cet effet. Le temps lui a manqué pour cette partie de son œuvre, et les canons n'ont aucune valeur officielle ; mais nul cloute qu'ils ne répondent à la pensée de l'Eglise. Les voici :
1. Si quelqu'un niait que le genre humain a été, dans notre premier père, élevé à un état surnaturel, qu'il soit anathème.
2. Si quelqu'un soutenait qu'il faut admettre un ordre surnaturel en ce sens seulement qu'on peut appeler surnaturel tout ce qui n'est pas de la perfection essentielle de Fliomme, et refusait de reconnaître des dons et un ordre divins cjui dépassent les forces et les exigences de la nature créée et la perfectionnent au delà de sa sphère propre, qu'il soit anathème.